Ce qu'il faut retenir du débat entre Hollande et Juppé

Ce qu'il faut retenir du débat entre Hollande et Juppé

Jeudi soir sur France 2 dans l'émission "Des Paroles et des actes", François Hollande et Alain Juppé ont échangé avec vigueur, parfois avec une once d'aigreur et d'agressivité, durant une demi-heure tendue.

Ce duel, Alain Juppé l'avait méticuleusement préparé. En effet, avant de faire face au candidat socialiste François Hollande jeudi soir sur France 2 dans l'émission "Des paroles et des actes", le chef de la diplomatie française a très attentivement suivi la conférence de presse de son rival, avant d'en discuter au téléphone avec le chef de l'Etat, qui reste, dit-on, sidéré que le favori des sondages ait accepté de se mettre au niveau d'un ministre et pas du Président. "Je ne veux pas être dans un rapport obsessionnel par rapport à Nicolas Sarkozy. S’il ne se représentait pas, cela ne changerait rien à ma campagne", a indirectement répliqué celui-ci à la télévision. Où il s'est surtout appliqué à paraître crédible, tandis que M. Juppé faisait montre d'une agressivité certaine...

"Je veux parler de l'avenir. Le passé ne m'intéresse plus", a encore dit, à ce sujet, François Hollande. Réplique du ministre des Affaires étrangères : "Vous être un peu trop sûr d'avoir tourné la page." Taxé d'arrogance, le candidat PS lui a alors renvoyé la balle : "Chacun a à faire son examen de conscience : vous avez des rechutes possibles." Un échange qui illustre bien la teneur du débat de ce jeudi soir. Une demi-heure passée à couteaux tirés, un peu fouillis, car émaillée de nombreuses interruptions des deux côtés, mais à laquelle on ne pourra pas reprocher d'avoir manqué de vigueur.

"Méchante caricature"
La discussion en elle-même a d'ailleurs pris une tournure quelque peu inattendue, puisque l'on imaginait volontiers le locataire du Quai d'Orsay aller chercher François Hollande sur l'un de ses points faibles : les questions internationales. En fait, les deux hommes se sont bien vite empêtrés dans un débat sur le budget, signe que la campagne devrait bien se centrer sur cette question. "Votre compte n'est pas bon", a ainsi taclé M. Juppé, rapport au chiffrage du programme socialiste rendu public jeudi dernier. Avant de qualifier la "clarté" revendiquée par François Hollande d'"obscure clarté qui tombe des étoiles".

Un interlude poétique qui restera sans suite, tant les arguments de l'un et l'autre ont ressemblée à des volées de chiffres jetées dans la précipitation. Mais le candidat PS en a tout de même profité pour se livrer à un petit rappel historique, affirmant que la TVA sociale que prévoit de proposer Nicolas Sarkozy lui fait furieusement penser à la hausse de deux points de la TVA qui avait sans doute coûté sa défaite législative à la droite en 1997. "Il y a deux façons de faire de la politique : se faire plaisir ou avoir du courage", s'est alors crispé son interlocuteur.

Lequel, après avoir accusé François Hollande de faire du chef de l'Etat "une méchante caricature", a imité son adversaire dans une situation fictive où ce dernier, devenu Président, se retrouve à rouler des mécaniques dans l'espoir de faire plier les Chinois sur l'inconvertibilité du yuan, manière de souligner le caractère irréaliste du projet de son adversaire. "Je préfère un rapport de force qu'une soumission", a répondu le socialiste, dans une référence évidente au récent accord européen qu'il estime signé sous contrainte allemande. La joute en restera là. Et, en ce vendredi matin, persiste l'impression que le PS s'est cette fois doté d'un candidat sérieux, déterminé et doué à l'oral. La veille au soir, il a d'ailleurs confié s'être longuement préparé à se montrer "présentable pour se présenter".

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