De l'escrime pour riposter contre le cancer du sein

De l'escrime pour riposter contre le cancer du sein

SANTE – A Toulouse, des femmes atteintes de cancer du sein suivent des cours d'escrime sur conseil de leurs médecins. Une initiative unique en France que l'association Solution Riposte souhaite diffuser dans d'autres villes.

Se battre contre le cancer à coups de sabre. Telle est l'idée qu'a eue le docteur Dominique Hornus-Dragne, anesthésiste à la clinique toulousaine Médipole, pour encourager ses patientes atteintes de cancer du sein à pratiquer une activité physique.

« Pour certaines malades, faire de la gym ou de la natation peut être gênant car il faut dévoiler ses cicatrices. L'escrime est adaptée aux patientes atteintes au sein car le sabre les pousse à mobiliser leur bras de façon inconsciente », explique le docteur Hornus, par ailleurs médecin fédérale à la fédération française d'escrime.

Ce matin-là, dans la salle d'armes de Ramonville, Evelyne et Danièle, 48 et 62 ans, oublient leur statut de patiente pour endosser celui d'escrimeuse. Grégoire Champain, maître d'arme bénévole, leur prodigue ses conseils en duel pour s'adapter aux contraintes de chacune. « Nous travaillons le bras du côté du sein opéré et nous ne touchons jamais à la poitrine, explique-t-il. Si elles ont une tension, on fait une pause. En dehors de cela, je les considère comme n'importe quelles élèves ».

« Redevenir actrice de ma maladie »

Au début surprises de se voir proposer ces cours, les deux femmes en ressentent aujourd'hui les bénéfices. « J'ai été opérée une première fois il y a cinq ans sans soin de support particulier, explique Evelyne. Je me suis inscrite après ma deuxième opération et j'ai plus rapidement retrouvé ma souplesse. Après un cancer on a tendance à se replier. Ici, on ouvre le torse sans s'en apercevoir, la discipline a quelque chose de noble ».

« On s'approprie la symbolique en parant et en ripostant, ajoute Danièle. Cela me permet de redevenir actrice de ma maladie ».
Depuis sa création en 2010, une trentaine de patientes ont bénéficié de ces cours. L'association « Solution riposte » a été créée en mars dernier pour leur permettre de se développer et une thèse de médecine évalue actuellement leurs effets sur la motricité des patientes.

« Nous formons également des maîtres escrimeurs de toute la France. Le but étant que les malades aient un maximum de choix dans les disciplines pour se dépenser et ainsi diminuer les récidives », explique le docteur Hornus, qui aimerait désormais voir des femmes de quartiers populaires, qui ont moins accès aux soins de support, en bénéficier.
 

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