Affaire Fiona : le procès brutalement interrompu après un vif incident d'audience

PROCÈS FIONA - Le procès en appel de la mère, Cécile Bourgeon, et du beau-père, Berkane Makhlouf, de Fiona dont le corps n'a jamais été retrouvé, s'est ouvert lundi devant la cour d'assises de la Haute-Loire, au Puy-en-Velay. Au cinquième jour d'audience, l'entourage des accusés a été entendu. Le procès a cependant été ajourné jusqu'à lundi après un incident au cours duquel les avocats de la défense ont quitté la salle.
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Pour les parties civiles, qui espéraient faire craquer les deux accusés, le temps presse. Déjà cinq jours que les débats ont commencé, sans que l'on en sache davantage sur les "coups mortels" dont Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf répondent devant la cour du Puy-en-Velay, qui se prononcera d'ici au 20 octobre.

AJOURNEMENT 


On va voir ce que l'on va faire. On va réfléchir ce week-end", a répondu à l'AFP l'avocat de Cécile Bourgeon, Me Renaud Portejoie, interrogé sur sa présence lundi. "Je ne vois pas comment le procès peut continuer dans ces conditions-là. Il y a une ligne blanche qui a été franchie (...) On ne sait pas quel impact cela aura sur les jurés.

AJOURNEMENT


Après une longue suspension, le président de la cour Étienne Fradin a annoncé que l'audience reprendrait ce lundi matin, avec les mêmes avocats de la défense, mais désormais désignés d'office.


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Me Grimaud a obtempéré :"Nous sommes tous là dans l'intérêt de Fiona. Il n'est pas dans l'intérêt des débats que cela s'arrête là. Je vous prie de bien vouloir m'excuser mes chers confrères, là n'étaient pas mes propos. Si vous les avez perçus comme tels, c'est que je n'ai pas su m'exprimer et ce type de propos n'aura plus lieu d'intervenir", a-t-elle dit, sans pour autant lâcher l'affaire.

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REPRISE


À la reprise des débats dans l'après-midi, ceux-ci ont expliqué à la cour que leur probité avait été mise en cause en fin de matinée et qu'ils ne pouvaient plus intervenir pour Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf.


"Il s'est passé quelque chose de particulier. Les deux avocats ont été mis en cause personnellement. Leur probité a été mise en cause (...) Nous considérons que nous ne sommes plus en mesure de défendre nos clients", a déclaré Me Renaud Portejoie, l'avocat de Cécile Bourgeon.


"Ma probité dans ce dossier est en jeu. C'est insupportable. Je ne peux pas continuer à défendre mon client dans cette position-là", a renchéri Me Mohamed Khanifar, qui défend Berkane Makhlouf.

EXPLICATIONS

Ce vendredi matin, tandis qu'un témoin de l'entourage du couple dans le milieu des stupéfiants - les deux accusés sont d'anciens toxicomanes - était interrogé, Me Marie Grimaud, avocate d'une association de protection de l'enfance, a fait remarquer que cet homme avait été assisté par Me Mohamed Khanifar lors d'une garde à vue au début de l'affaire.


En première instance, ce témoin avait déjà été cité mais il n'avait pas été interrogé par Me Khanifar.Me Grimaud a ajouté que l'avocat de Cécile Bourgeon, Me Portejoie, avait, lui, été l'avocat de Berkane Makhlouf, au tout début de l'affaire quand les deux accusés d'aujourd'hui étaient parties civiles.


Les intéressés, considérant que leur consœur les avait ainsi accusés de "subornation de témoin et de collusion", ont réclamé des excuses et demandé que l'association Innocence en danger change d'avocat selon l'AFP.

SUSPENSION

L'audience a été suspendue ce vendredi en fin de matinée après un vif incident d'audience qui a conduit les avocats de la défense à quitter le palais de justice indique l'AFP.

AUDIENCE


La cinquième journée de débats va débuter. L'entourage du couple Bourgeon-Makhlouf va être entendu. 

Elle avait cinq ans, un sourire espiègle et de beaux yeux bleus. "Les plus beaux yeux de l'école",  précisera sa maîtresse à la barre lors du premier procès. De Fiona, il ne reste quatre ans après que les souvenirs de ceux qui l’ont connue et ont témoigné devant la cour d'assises du Puy-de-Dôme en novembre dernier. Mais après les dix jours d'audience, si les jurés avaient distribué les rôles en acquittant Cécile Bourgeon des coups mortels les imputant à son compagnon Berkane Makhlouf, la dernière semaine de vie de l'enfant et le sort réservé à sa dépouille étaient restés des points d'interrogation. 


Le procès en appel de Cécile Bourgeon et de Berkane Makhlouf, accusés de violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner, qui s'est ouvert lundi pour deux semaines devant la cour d'assises de Haute-Loire permettra-t-il de lever ce mystère ? Jusque-là, la mère et le beau-père de l'enfant sont restés enfermés dans leurs mensonges, leurs contradictions et leurs trous de mémoire. Mais le verdict surprise du premier procès pourrait-il faire bouger les lignes ? 

"La condamnation de Berkane Makhlouf repose uniquement sur les dires de Cécile Bourgeon. Il a pris vingt ans, elle cinq. Est-ce que cette situation va l’amener à en dire davantage qu’il n’en avait dit la première fois ?, s’interroge ainsi Rodolphe Costantino, avocat de l'association Enfance et Partage. Est-ce que le pacte du silence qui avait été passé entre eux va être rompu ? Cela fait partie des inconnues de ce procès." Dernière interrogation, les jurés du Puy-en-Velay auront-ils une autre lecture du dossier en condamnant la mère pour les coups mortels, comme l'avait requis l'avocat général ? Réponse le 20 octobre. 

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Mort de Fiona : le procès en appel

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