Eric Darques : "l'affaire du stade Mauroy masque une éventuelle corruption"

Eric Darques : "l'affaire du stade Mauroy masque une éventuelle corruption"

POLEMIQUE - Deux fonctionnaires de Lille Métropole ont été mis en examen, lundi soir, pour réalisation de faux autour des conditions d'attribution du chantier du stade Pierre-Mauroy. La justice veut comprendre pourquoi celle-ci a été attribuée au dernier moment à Eiffage, alors que le projet de Norpac-Bouygues était jugé meilleur et beaucoup moins cher. Metronews a rencontré Eric Darcques, le militant anti-corruption qui s'est constitué partie civile dans cette affaire.

Il souhaite que la justice aille jusqu'au bout. La plainte déposée par Eric Darques, ancien élu de droite à Lambersart et responsable de l'association Anticor (qui lutte contre la corruption politique) a finalement abouti avec la mise en examen, lundi soir, de deux fonctionnaires de Lille Métropole (LMCU) en charge du dossier du stade Pierre-Mauroy de Lille.

Concrètement, la justice souhaite comprendre pourquoi le chantier a été attribué au dernier moment à Eiffage, alors que celui-ci présentait un surcoût de 108,5 millions d'euros par rapport à celui de Norpac-Bouygues. Selon des documents, un premier rapport adressé aux élus pour alimenter leur réflexion, daté du 23 janvier 2008, donnait la meilleure note à Norpac-Bouygues. Or, un second rapport, daté du 1er février 2008, jour du vote, mais rédigé selon lui postérieurement, notait plus favorablement le groupe Eiffage.

Soupçons de corruption

Au final, 82% des votants ont voté pour ce projet, qui comportait une salle de spectacle modulable de 30 000 places. "L’attribution du marché manque de transparence, indique à metronews Eric Darques. Derrière ces fonctionnaires, il y a forcément des élus et, donc, des soupçons de corruption. Ils ne doivent pas porter le chapeau !"

En tant que partie civile, Eric Darques patiente avant de pouvoir accéder aux dossiers de l'enquête menée par Fabienne Atzori, doyenne des juges d’instruction et spécialiste des affaires financières. En attendant, le "chevalier blanc" s'interroge : "J'ai la preuve que Martine Aubry a envoyé, le 22 juillet 2008, à un élu le second rapport de préconisation falsifiée, sur lequel la note de Norpac a été abaissée au profit d'Eiffage. J'ai aussi un procès-verbal, daté du 1er février 2008, dans lequel un haut fonctionnaire dit clairement : il va falloir transformer le rapport pour le faire correspondre au vote".

Et de rappeler que Pierre Mauroy était, lui, hostile au projet Eiffage, qu'il estimait "trop coûteux". "Je suis sûr qu'on va vouloir lui faire porter le chapeau, alors qu'il a disparu et qu'il était contre ce projet pharaonique, lance l'ancien élu. L'enquête doit aboutir sur une mise en examen d’élus pour que la lumière soit enfin faite". Contactée, Lille Métropole se refuse à tout commentaire : "Une instruction est en cours. Nous laissons la justice faire son travail", déclare Grégory Blin, directeur de cabinet de Damien Castelain, président de la LMCU.

 

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