Grenoble-Nice avec moins de deux litres d'essence

Grenoble-Nice avec moins de deux litres d'essence

ENERGIE - Trois cyclistes montés sur des vélos à assistance thermique ont relié Grenoble à Nice par la route des Alpes, en consommant moins de deux litres d'essence. Un défi en terme de performance énergétique.

Trois cyclistes, âgés de 54 à 67 ans ont réussi à rallier Claix, une ville de l'agglomération de Grenoble dans l'Isère,  à Nice en passant par le col de Lus-la-Croix-Haute dans la Drôme, vendredi dernier en utilisant des vélos à assistance thermique.

Partis à 5 h 30, ils sont arrivés sur la promenade des Anglais à 19 heures, réalisant ainsi leur objectif de parcourir les quelque 320 km et 3.500 mètres de dénivelé positif du trajet à la vitesse moyenne de 35 km/h avec seulement 3 euros d'essence sans plomb.

"Techniquement on pourrait diviser la consommation par deux"

Les deux vélos carburant à l'essence ont consommé respectivement 1,53 et 1,58 litre. Celui qui roulait au bioéthanol en a avalé 1,92 litre. Les trois vélos ont réalisé le trajet à la vitesse moyenne de 36,3 km/h, selon Yvan Pesenti, concepteur du vélo hybride baptisé Hector Delta.

"Si on devait le refaire, on pense qu'on pourrait consommer beaucoup moins. La technologie n'en est qu'à la préhistoire. Théoriquement, on pourrait diviser la consommation par deux", a-t-il affirmé, tout en se disant "ravi" de sa performance.

Le vélo à assistance thermique : 400 km d'autonomie

Technologie brevetée à l'international en partenariat avec le CEA (commissariat à l'énergie atomique), ce vélo prototype fonctionne au bioéthanol ou à l'essence et a une autonomie de 400 km. La consommation de l'Hector Delta peut atteindre 0,4 litre/100 km sur un terrain plat et n'émet que 14 grammes de CO2 par km parcouru, "soit un peu moins qu'un joggeur", avance Yvan Pesenti.

"L'intérêt d'un Hector Delta, c'est de permettre à une voiture de rester à la maison. Lorsque vous consommez 10 euros de carburant en voiture, 9,5 euros ont servi à déplacer les 1.500 kilos de voiture et 50 centimes les 70 kilos du conducteur", ajoute-t-il.

Changer la législation

Le défi réalisé vendredi vise aussi à attirer l'attention des pouvoirs publics sur le fait que la législation actuelle assimile ces vélos assistés, dont la vitesse dépasse 25 km/h, à des cyclomoteurs, ce qui impose une assurance spécifique, un casque de moto, un klaxon homologué, etc.

"On voudrait faire évoluer la législation française car on a besoin d'engins comme ça, à la fois économiques et ludiques", dit M. Pesenti. Le marché des vélos assistés explose depuis quelques années. Il s'est ainsi vendu 56.000 vélos à assistance électrique en 2013 (+17,5% en un an), un chiffre en hausse pour la sixième année consécutive, selon l'Observatoire du cycle.

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