Guyane : après la trêve de Pâques, la mobilisation reprend, les barrages refermés

La crise en Guyane

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REPRISE - Après un mois de conflit social en Guyane, le collectif "Pou la Gwiyann dékolé" a décidé lundi soir de poursuivre la mobilisation en refermant les barrages qui avaient été levés pour le week-end pascal.

Le mouvement social dure désormais depuis plus d'un mois en Guyane. Car la trêve  - qui avait vu les barrages être levés jeudi soir - n'aura finalement vécu que le temps du week-end pascal. Le collectif "Pou la Gwiyann dékolé" a en effet décidé lundi de poursuivre la mobilisation en refermant les barrages jusqu'à la signature d'un protocole d'accord avec le gouvernement.

"Pour avoir une signature rapide, nous avons obligation de durcir le mouvement. Les barrages seront fermés dès ce soir 22H00" (soit 3H00 à Paris)" a déclaré pour le collectif Valérie Vanoukia, représentante des très petites entreprises de Guyane, à l'issue d'une assemblée générale. Le protocole d'accord de sept pages, élaboré par le collectif qui coordonne le mouvement social "pour suspendre le mouvement sous sa forme actuelle", a été envoyé dimanche au gouvernement, qui en a accusé réception.


Dans ce protocole, baptisé Projet d'Accord de Guyane, le collectif Pou la Gwiyann dékolé ("Pour que la Guyane décolle")  "acte" le plan d'urgence de plus d'un milliard d'euros proposé par le gouvernement et propose de rouvrir le dialogue sur les 2 milliards" d'euros supplémentaires que réclamaient jusqu'à présent les manifestants. "Sur les 2 milliards, nous pouvons discuter", "ce ne sont qu'une pompe d'amorçage", a ajouté Mme Vanoukia.

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3e semaine de tensions en Guyane

3 milliards d'euros réclamés à l'Etat

"Nous acceptons la reprise du dialogue que le président de la République nous a proposée", a-t-elle dit et "pour avoir une réponse rapide, nous allons faire monter la pression", juste avant le premier tour de l'élection présidentielle, prévu samedi en Guyane. Très confiante pour dire que le mouvement sera suspendu dans les deux ou trois jours à venir", Valérie Vanoukia invite par ailleurs les Guyanais a entamer des actions en justice contre l'Etat.

Du renforcement des moyens pour lutter contre l'insécurité, au désenclavement de toutes les communes de Guyane -dont certaines sont inaccessibles par la route et n'ont ni eau potable, ni électricité - en passant par l'amélioration des services de santé et du système scolaire,  les manifestants réclament au total plus de 3 milliards d'euros à l'Etat, alors que celui-ci a mis sur la table un plan d'urgence de plus d'un milliard d'euros.


Après un mois, les conséquensces de l'appel à "la grève générale illimitée" du 25 mars commencent à sérieusement se faire ressentir de Cayenne à Kourou. Le territoire souffre d'une pénurie dans les commerces, notamment de produits frais, et de difficultés d'approvisionnement de médicaments et de matériel médical. Et que dire des services administratifs fermés, liaisons aériennes aléatoires et autre absence de courrier. Le tout à cinq jours d'un premier tour à l'élection présidentielle qui s'annonce mouvementé de l'autre côté de l'Atlantique.

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