La polémique sur la théorie du genre gagne Nantes

La polémique sur la théorie du genre gagne Nantes

POLEMIQUE – Depuis quelques semaines, plusieurs mouvements de la Manif pour tous, opposés au mariage homosexuel, dénoncent la présence d’ouvrages jugés "subversifs", dans les écoles et les bibliothèques nantaises.

Ce sont des parents d’élèves de la crèche Nouvelle Vague à Nantes qui ont donné l’alerte : la directrice a lu à leurs enfants Jean a deux mamans, un livre mettant en scène une famille homoparentale. Un message a été lancé sur les réseaux sociaux… et a allumé la guerre des genres, qui couvait à Nantes.

Car après les mobilisations contre le "mariage pour tous" l’an dernier, les militants ont un nouveau sujet d'inquiétude : la "théorie du genre", qui serait appliquée dans les écoles, via les ateliers ABCD de l’égalité, présentés par le gouvernement comme  éduquant à l’égalité garçon fille. Sur Internet, les appels à la vigilance mais aussi les rumeurs se multiplient, de la part de mouvements parfois extrêmes. Ainsi, le Printemps français a lancé il y a quelques jours une campagne nationale visant à retirer des rayons des bibliothèques des livres jugés subversifs. Des ouvrages sont recensés à Versailles, Lyon, ou encore… Nantes, sur le site d'activistes Le Salon Beige . Des témoignages circulent, via des pages Facebook comme Les Nantais pour la famille , appelant à aller protester auprès des bibliothécaires.

"Un débat très vif"

Alertée par ses adhérents sur ce dossier, l’Association familiale catholique 44 (AFC), qui défend le mariage homme-femme, invite à la prudence "sur ce débat très vif", mais refuse de parler de simple rumeur. "Une douzaine de parents nous ont parlé de ces lectures à la crèche", explique Côme de Castelbajac, vice-président de l'antenne de Nantes. "Cela existe, alors qu’il n’y a pas de communication claire et officielle de la mairie et des directeurs de crèche. Sachant cela, on informe nos adhérents pour qu’ils prennent leurs responsabilités." Car même si l’AFC reconnaît "qu’il y a des situations familiales diverses dans les crèches", le principal problème est qu’il n’y a eu "aucune information" : "Les parents sont les premiers éducateurs de leurs enfants. La confiance qui existait vis-à-vis du personnel de l’école est rompue. C’est désolant."

De son côté, la Ville dit "refuser de prendre part à cette polémique", qui cible des ouvrages "combattant les stéréotypes et les préjugés, en particulier ceux liés aux relations filles-garçons et à l'orientation sexuelle". Elle dit posséder "quelques exemplaires sur l'ensemble de son réseau de bibliothèques et de médiathèques", mais "assume ce choix" : "Ces livres sont parfaitement adaptés à leur public et à l'objectif qu'ils s'assignent."
 

Plus d'articles

Les tags

    À suivre

    Rubriques