L'écoquartier de la Cartoucherie n'aura-t-il d'écolo que le nom ?

L'écoquartier de la Cartoucherie n'aura-t-il d'écolo que le nom ?

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URBANISME - Alors que la première pierre du chantier a été posée vendredi dernier, les récentes déclarations de la municipalité laissent à penser qu'une plus grande place sera accordée à la voiture. Une perspective qui inquiète les écologistes.

L'écoquartier de la Cartoucherie va-t-il finalement faire plus de place aux voitures ? C’est ce que pourraient laisser penser les propos tenus par Jean-Luc Lagleize, adjoint au maire chargé de l'aménagement. "Nous réfléchissons aux moyens d'augmenter le nombre de places de stationnement sans retarder la livraison des immeubles", a-t-il récemment déclaré dans les colonnes du Monde . Cette perspective pourrait bien modifier le projet tel qu'il avait été imaginé par la municipalité socialiste de Pierre Cohen.

Des "parkings réversibles" à l'étude

Dans sa mouture actuelle, la Cartoucherie laisse la part belle aux piétons, aux transports en commun et aux vélos. Les habitants étant invités à se garer sur l'un des trois parkings relais situés en périphérie du quartier. Les places de stationnement doivent y être mutualisées entre les usagers des bureaux la journée et les résidents le soir. "Aujourd'hui, nous étudions la construction de ‘parkings réversibles’ supplémentaires, plus proches des habitations, situés au rez-de-chaussée ou aux étages de certaines résidences et transformables en bureaux quand la ‘démotorisation’ sera d'actualité", a confirmé Jean-Luc Lagleize, qui indique que la question sera tranchée fin 2014.

Si rien n'est encore acté, il s'agirait pour Régis Godec, conseiller municipal Europe Écologie-Les Verts, "de l'abandon d'une innovation importante qui devait faire du quartier un laboratoire pour imaginer d'autres formes de mobilité. Nous constatons que le discours sur le développement durable tend à disparaître du projet". À l'association Deux pieds deux roues, on estime que "le quartier est pourtant bien desservi par le tramway. Si le stationnement n'est pas contraint, cela n'encouragera pas l'utilisation d'autres modes de transport", glisse Sébastien Bosvieux, son porte-parole.

Jean-Luc Lagleize rappelle que la conception bioclimatique des bâtiments est préservée. Les matériaux utilisés captent le maximum d'ensoleillement et font ainsi baisser la consommation d'énergie. Par ailleurs, les logements seront dotés d'un chauffage collectif issu de l'incinérateur du Mirail.

Incertitudes autour du déménagement de Mix'Art Myrys

Ce n'est pas le seul point sur lequel la nouvelle équipe municipale compte imprimer sa marque. Jean-Luc Moudenc a annoncé que le déménagement dans la halle 121 du collectif d'artistes Mix’Art Myrys, actuellement installé aux Minimes, pourrait elle aussi être revue. En cause : son coût, estimé à 9 millions d’euros. Si le maire ne se dit pas contre l'arrivée de Mix'Art Myrys, il considère que "si l’on peut trouver une solution de locaux plus confortable pour le collectif et à un budget moindre, on le fera", rapporte la Voix du Midi . La halle pourrait accueillir des commerces alimentaires haut de gamme.

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