Marseille : l’établissement pénitentiaire pour mineurs en surchauffe

Marseille : l’établissement pénitentiaire pour mineurs en surchauffe

DirectLCI
FAIT DIVERS – Après l’évasion de 3 détenus vendredi de l’établissement pour mineurs de la Valentine de Marseille, les syndicats demandent une prise de conscience sur leurs conditions de travail.

L’échappée belle n’aura duré que quelques heures, mais elle pose questions. Vendredi, les 3 jeunes de 17 ans de l’établissement pénitentiaire pour mineurs (EPM) de la Valentine (XIe), qui s’étaient enfuis en empilant des tables et des chaises pour franchir le mur de la cour de promenade, ont été interpellés non loin de là dans la soirée par des équipages de la sécurité publique. Selon une source proche du dossier, deux d’entre eux, impliqués dans une procédure criminelle, devaient être transférés à la maison d’arrêt des Baumettes une fois leur majorité atteinte.

"C’est ce qui a sans doute motivé leur fuite, car il est facile de s’échapper de l’EPM", explique le secrétaire général Paca Corse de l'Ufap Bruno Boudon. Différent d’un quartier pour mineurs dans une maison d’arrêt, l’établissement ne dispose pas de miradors, ni de filets de sécurité. "Outre la fuite, il est aussi très facile de se procurer des téléphones ou autres produits depuis l’extérieur", détaille le syndicaliste plaidant pour un renfort des effectifs.

Un taux d’occupation de 100 %

Sur le site même de la Valentine, une soixantaine de surveillants pénitentiaires travaillent en collaboration avec 38 éducateurs dont le secrétaire régional CGT-PJJ, Ahmed Boukabous. "Nous ne faisons plus notre métier à cause du sureffectif carcéral, déplore-t-il. On est censé faire de l’éducatif pour éviter ce genre d’évasion, mais on passe plus de temps à occuper les jeunes pour éviter que ça explose", regrette-t-il.

Une situation alarmante du fait selon lui du trop grand nombre d’incarcérations à l’EPM de Marseille. "On a le taux le plus élevé de France. Les 59 cellules sont quotidiennement occupées. Le fonctionnement de l’établissement n’est plus adapté à ce flux permanent", déplore-t-il dans l’attente du 2000ème détenu depuis l’ouverture en 2007. "A Meyzieu (près de Lyon), ils sont à peine 1300 pour la même période", compare Ahmed Boukabis demandant  au passage un transfert d’une partie des jeunes vers cet EPM pour alléger celui de Marseille.
 

Plus d'articles

Sur le même sujet