Pérou : 26 morts dans l'incendie d'un centre pour toxicomanes

Pérou : 26 morts dans l'incendie d'un centre pour toxicomanes

Près de Lima, le feu a ravagé un centre de désintoxication à la gestion plus que douteuse, dans lequel étaient enfermés des dizaines de jeunes gens.

A San Juan de Lurigancho, un faubourg populaire situé dans la grande banlieue de Lima, la capitale du Pérou, un incendie a fait au moins 26 victimes et une dizaine de blessés dans un centre de réhabilitation de toxicomanes, qui, semble-t-il, était plus ou moins clandestin et ne remplissait pas du tout les conditions de sécurité.

Le drame s'est produit samedi 28 janvier, au moment du petit déjeuner, alors que plusieurs dizaines de pensionnaires, jeunes drogués ou alcooliques, étaient enfermés à l'intérieur de l'établissement. Après une bagarre, l'un des résidents aurait mis le feu à un matelas.

"L'incendie s'est ensuite étendu sans que personne ne puisse l'éteindre", a déclaré Antonio Zavala, le commandant des pompiers, qui ont tout de même maîtrisé le feu avant qu'il se propage du rez-de-chaussée, ravagé, aux deux étages de l'immeuble.

Le bilan du sinistre est très lourd. Il aurait pu être bien pire, à en juger par les observations d'un correspondant de l'AFP, qui décrit une bâtisse en briques "manifestement bâclée ou mal finie", dont le deuxième étage est en bois.

"Je ne voyais que de la fumée, et j'entendais des cris", a raconté l'un des rescapés à la radio RPP. Sans attendre qu'on vienne les libérer de cet enfer aux portes et fenêtres doublées de grilles, une partie des jeunes ont pu sauver leur peau en sautant du premier étage. Une partie seulement.

"Vingt-deux personnes ont péri sur les lieux", a indiqué à la chaîne de télévision ATV+ le ministre de la Santé Alberto Tejada, pour la plupart par asphyxie. Quatre autres ont succombé durant leur transfert ou à l'hôpital, a précisé le Dr Javier Correa, un médecin du ministère, ajoutant que "trois des blessés sont dans un état très, très grave. Les autres sont en phase de récupération", victimes d'intoxications ou de brûlures.

"Apparemment, le centre ne serait pas officiel", a reconnu le ministre Alberto Tejada, depuis Iquitos, la ville du nord du pays où il était hier en déplacement. "Nous savons qu'il existe une culture d'informalité au Pérou", a-t-il ajouté, au point qu'en l'occurrence, on ne sait pas précisément combien de personnes étaient à l'intérieur du centre "Christ est amour" au moment des faits.

Dans un communiqué, la municipalité, de San Juan de Lurigancho a indiqué qu'au moins deux fois, elle avait fait fermer l'établissement parce qu'"il n'avait ni les conditions minimum ni l'espace suffisant pour un centre d'hébergement" qui a pu compter "jusqu'à 80 pensionnaires".

Hier, on ne sait donc pas combien ils étaient. Cinq heures après l'incendie, une foule de proches de résidents déambulaient alentour, en quête de nouvelles, qui d'un enfant, qui d’un cousin ou d'un neveu.

"J'ai un frère à l'intérieur, mais je ne sais pas s'il est vivant ou mort", a par exemple dit à l'AFP une femme effondrée, expliquant que sur place, personne ne savait rien, qu'on l'avait simplement renvoyée vers "l'hôpital Dos de Mayo".

Certaines familles étaient inquiètes, d'autres étaient partagées entre douleur et colère, notamment Maria Alca Ramos, la cousine d'une victime, qui dénonçait le propriétaire de l'établissement, qui non seulement était à l’évidence mal géré, mais coûtait une fortune : 150 soles par mois, l'équivalent de 55 dollars, dans un pays où le salaire minimum est de 250 dollars.

"J'avais aussi un frère, mais il s'est enfui il y a trois semaines, parce qu'ils le ligotaient", a ajouté cette dame à l'AFP, montrant le centre de réhabilitation, décidément sinistre.
 

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