Titoff : "Je suis un vrai showman"

Titoff : "Je suis un vrai showman"

HUMOUR - Le Marseillais est de retour sur les scènes de France avec un one-man-show célébrant ses 15 ans de carrière. Rencontre avec un humoriste généreux et bien moins en dilettante qu’il n’en a l’air.

C’est à Marseille, sa ville qu’il aime tant, que Titoff a donné la première de son spectacle anniversaire entouré de ses amis Jean-Pierre Foucault, Patrick Bosso, et IAM. C’était le 11 octobre dernier sur la scène du Silo et ce fut un triomphe. Avant de jouer à Paris (du 4 au 31 décembre à la Michodière), puis en tournée dans toute la France, l’humoriste a accepté de feuilleter son album souvenir. Retour sur quinze ans d’expérience scénique, de rencontres et de souvenirs.

Vous êtes de nouveau sur les planches avec 15 ans de scène. C’est le premier best-of de Titoff ?
Je n’aime pas le terme de "best-of". Je préfère parler de spectacle anniversaire. Certes, je reprends des sketches issus de mes quatre précédents spectacles tels que "Les chips", "Le chasseur", "Kinder Bueno"... mais ce one-man-show n’est pas une succession de sketches. C’est 15 ans de vie. Il y a un vrai fil conducteur. Je pars de mon personnage de l’époque, ce post-adulescent, ancêtre du geek d’aujourd’hui, qui ne fait rien de ses journées, qui bouffe des chips et des pizzas froides devant sa télé en regardant Histoire naturelle, et je l’emmène dans la société d’aujourd’hui, ce monde où tout va de plus en plus vite, où on est connecté tout le temps, surinformé, submergé d’infos, de stress...

Observateur attentif de la société, en quinze ans, trouvez-vous que le monde dans lequel nous vivons a changé ?
Enormément. Et je m’amuse de tous ces changements. C’est mon fil rouge. Je parle, par exemple, de la cigarette. Avant on fumait partout, dans les bars, dans les restaurants et même dans les hôpitaux, il y a encore plus longtemps. Maintenant, c’est interdit partout. Moi, je me souviens de la Renault 16 familiale quand on partait en vacances avec les parents qui fumaient des paquets de Gitanes vitres fermées... Tout le spectacle est construit sur ce thème avant/maintenant.

Revenons en arrière. Racontez-nous cette année 1999 où tout a commencé ?
1999, c’est la date de mon arrivée à Paris. Mes premiers cachets en francs à la Comédie de Paris. C’est ma rencontre avec Jean-Luc Delarue, qui était venu me voir à Marseille au Chocolat Théâtre, car il cherchait de jeunes comédiens pour une sitcom, et qui m’a convaincu de monter à Paris ; c’est ma rencontre avec Dominique Farrugia, qui vient me voir à la Comédie de Paris, qui n’arrête pas de se marrer de son rire inimitable, et qui va devenir mon metteur en scène ; et puis c’est ma rencontre, quelques mois plus tard, en 2000, avec Thierry Ardisson qui me remarque au Trévise et qui me permet, avec Baffie, de devenir l’un des snippers de son émission Tout le monde en parle, qui était le show télé le plus en vue du moment.

"On était comme dans une série américaine. Chez nous, c'était Friends"

Comment le petit Marseillais que vous étiez a vécu cette entrée dans le monde du showbiz parisien ?
C’était une époque assez incroyable, mais je ne réalisais pas. J’étais monté avec mon frère et deux copains. On ne connaissait absolument personne à Paris. On vivait en colocation. On avait notre bureau dans le salon. On n’arrêtait pas de bosser. On était comme dans une série américaine. Chez nous, c’était Friends ! On ne se posait pas de questions. On n’avait pas le temps.

Quels étaient vos modèles à l’époque ?
Enfant, j’adorais Coluche et Desproges. Un peu plus tard, les Nuls et les Inconnus m’ont beaucoup inspiré. A l’époque, il y avait moins d’humoristes qu’aujourd’hui.

Avez-vous peur de la concurrence de la nouvelle génération d’humoristes ?
L’humour est à l’image de la société : nous sommes au temps de la surconsommation. Et c’est encore plus accentué par Internet. Il y a de plus en plus de comiques ; de plus en plus d’émissions d’humour. C’est bien. Ça fait de l’émulation. Moi par rapport à cela, je me dis que j’ai 15 ans d’expérience.

Vous avez été l’un des pionniers du stand-up en France. Que pensez-vous de l’évolution de cette discipline ?
J’étais effectivement l’un des premiers à arriver sur scène super décontracté, les mains dans les poches de mon jean, à raconter ma petite vie. Maintenant, c’est devenu une vraie discipline et il y a toute une génération d’humoristes qui en fait. Dans Titoff, 15 ans de scène, j’alterne stand-up et sketches très écrits. Je passe de l’un à l’autre. Mais pour ce spectacle, où j’ai aussi des sketches très physiques et très visuels, je voudrais vraiment que les gens me voient comme un « performer », dans la pure tradition du one-man-show.

On ne vous imagine pas bête de scène ?
Il peut y avoir eu une confusion entre mon personnage – un peu nonchalant – et moi sur scène. Et puis, il y a le fait que pendant cinq ans, entre 2007 et 2011, j’ai arrêté de faire des one-man-show. Je faisais de la radio, de la télé, du cinéma, du théâtre. Mais aujourd’hui, j’ai vraiment envie d’être à nouveau sur scène. Et je donne tout. Et J’adore ça ! A la fin du spectacle, je suis épuisé, vidé. En province, avec les impros, je fais parfois des shows de deux heures. A Paris, il faudra que je réduise. Mais, je veux offrir une vraie performance au public. D’ailleurs, je me suis préparé comme un sportif de haut niveau pour cette tournée. Les gens qui vont venir me voir sur scène, vont découvrir que je suis un vrai showman.

Les humoristes parlent souvent de la scène comme d’une drogue. Est-ce votre cas ?
Parmi tout ce que je fais, la scène est sans aucun doute la performance la plus intense. On a un rapport direct avec le public. Entendre les rires des gens, lorsqu’on est seul en scène, il n’y a rien de plus extraordinaire.

Vous étiez entouré de prestigieux invités à Marseille, le 11 octobre. Y aura-t-il aussi des guests lors des autres dates de la tournée ?
Au Silo, j’ai eu la chance d’avoir Laurent Ruquier, Jean-Pierre Foucault, Patrick Bosso et des membres du groupe IAM sur scène avec moi. C’était la folie. A Paris, il y aura aussi des surprises. J’ai plusieurs potes de la télé et de la radio, mais aussi des amis chanteurs et comédiens qui viendront faire les cons avec moi à la Michodière. Leur présence donnera un petit "plus" à ce spectacle pas comme les autres.

"Pierre Benichou, le mec le plus drôle du monde"

Vous évoquez Laurent Ruquier. Quelle place tient-il dans votre carrière ?
J’ai la chance de faire partie de la bande de Laurent, qui a une liberté de ton incroyable, depuis 2008. A l’époque, il me mettait en scène dans la pièce de théâtre Open Bed et m’a proposé de le rejoindre à la radio. J’ai tout de suite trouvé ma place et immédiatement trouvé l’expérience géniale. Quand on se retrouve entre Pierre Benichou, qui est le mec le plus drôle et le plus cultivé du monde, Fabrice Eboué, qui déglingue tout ce qui bouge, Claude Sarraute, qui est complètement perchée... on ne peut pas ne pas se marrer ! Et puis côtoyer des chroniqueurs si talentueux m’a aussi permis de m’ouvrir sur des sujets d’actualité, de me cultiver, de grandir... Laurent nous tire vers le haut. C’est un ami. C’est aussi quelqu’un que j’admire profondément. Et puis Laurent et moi, on a un trait de caractère en commun : on ne juge pas les gens. On n’a aucun a priori. Je suis très fier de l’accompagner dans ses aventures à la télé, à la radio, au théâtre. Je l’ai évidemment suivi sans hésiter quand il a décidé de quitter Europe 1 pour reprendre Les Grosses Têtes sur RTL.

Vous trouvez le temps d’être présent sur les réseaux sociaux. Est-ce indispensable aujourd’hui pour un artiste ?
Quand j’ai débuté, on était très en avance sur le développement de mon site. Et puis petit à petit, je m’en suis moins préoccupé. J’ai privilégié le contact humain. J’avoue que j’ai un peu loupé le début de l’aventure Facebook et Twitter . Je pensais que c’était mieux d’avoir de « vrais » rapports avec les gens. Je me suis trompé. Les réseaux sociaux prolongent ces rapports Aujourd’hui, j’ai des comptes Facebook et Twitter. J’ai ma chaîne YouTube. C’est super d’échanger avec le public, d’avoir ses impressions après le spectacle, de lui révéler des infos en avant-première. Et ça me permet aussi de diffuser les petites vidéos que je réalise avec la boîte de production de mon frère. En octobre, ma parodie de la pub Schweppes a super bien marché. C’est un vrai atout d’avoir un bon buzz comme celui que nous avons eu au moment de présenter un nouveau spectacle !

Il y a quinze ans vous quittiez Marseille. Rassurez-nous, c’est toujours votre ville de cœur ?
Evidemment, la question ne se pose même pas ! Je suis un amoureux de Marseille. C’est une ville qui a un caractère et une force incroyables. Je suis 100 % marseillais.

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