VIDÉO - "Ce n'est plus possible" : à Marseille, un restaurateur part en guerre contre les déchetteries sauvages

PROPRETÉ - Des pneus et des carcasses de voitures qui s’amoncellent, des rues croulant sous les déchets... Un restaurateur a lancé une page Facebook pour dénoncer les décharges sauvages à Marseille. Son initiative n'a pas manqué de trouver un écho.

Ville cosmopolite, aux paysages idylliques, la cité phocéenne est aussi connue pour sa propreté aléatoire. C'est là, entre les plages et les belles maisons, que le couple Macron a choisi de poser ses valises le temps de ses vacances. 


Loin des plages du Prado où le chef de l'Etat a été vu faire son jogging, certains arrondissements de Marseille croulent sous les déchets. "Un soir, en rentrant chez moi, je ne pouvais pas me garer", raconte à LCI Jean-Yves Sayag, un restaurateur du 14e arrondissement. "Devant chez moi, il y avait des carcasses de voitures et autres pneus abandonnés par des professionnels."


Passablement énervé par ce type de comportement, il décide de filmer ce manque de propreté. "Je vais vous montrer ce qui se passe dans ma rue parce qu'il y en a plein le cul". Postée sur Facebook, sa vidéo trouve un écho. Des habitants de la cité phocéenne lui racontent alors les décharges sauvages qui jonchent les rues. Ici, à la Capelette, ce sont des centaines de pneus usagés que les garagistes ont abandonnés. Là, du côté des Arnavaux, des sacs de ciment ont été laissés par une entreprise de BTP. 

"Je veux ouvrir les yeux des Marseillais sur les quartiers laissés à l’abandon"

Face à l'écho rencontré par sa vidéo, pour tenter de faire réagir, Jean-Yves Sayag a lancé une page Facebook, Marseille je t'aime, sur laquelle il invite tous les Marseillais à partager photos et vidéos des déchets dans les rues de la cité phocéenne. "Marseille a tout pour plaire aux touristes. La preuve, le président vient chez nous. Mais la gestion des déchets dans cette ville, ce n'est plus possible", continue ce restaurateur. "Ma démarche est purement citoyenne, et certainement pas politique. Je veux ouvrir les yeux des Marseillais sur les quartiers laissés à l’abandon." 

Sa démarche semble en tout cas porter ses fruits. Depuis la publication de la première vidéo, mi-juillet, neuf plaintes ont été déposées contre les "délinquants des déchets" par l'adjointe à la ville en charge de la propreté. Quant aux pneus et autres abandons, cela fait maintenant deux jours que des agents de la mairie commencent à les retirer. 


Cette initiative pour parler de la propreté à Marseille n'est pas la première. En 2010, un groupe d'amis avait lancé un site "Merde in Marseille". L'idée ? Prendre en photo les détritus dans les rues de Marseille et les poster avec leur emplacement exact. Plus récemment, en 2015, un Anglais avait entrepris de nettoyer la ville. Avec son initiative  #1pieceofrubbish ou #1dechetparjour, il voulait faire prendre conscience aux résidents comme aux touristes de l'importance de préserver le littoral.  

Pendant longtemps, cette propreté aléatoire de Marseille a été mise sur le dos du "fini-parti", cette pratique permettant aux éboueurs de la cité phocéenne de partir dès leur tournée terminée. Officiellement, cet avantage, hérité de la municipalité Defferre dans les années 1970, a pris fin en 2014. 

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