VIDÉO - Serre agricole, panneaux photovoltaïques... Voici à quoi va ressembler la tour Montparnasse après sa rénovation

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URBANISME - La tour Montparnasse, située dans le 14e à Paris, va subir un grand lifting. Un trio d'agences d'architecture françaises, Nouvelle AOM, va métamorphoser à l'horizon de 2024 ce monolithe brun aussi emblématique de la capitale que mal-aimé, en un édifice de verre clair doté de jardins. Détail d’un projet à plus de 300 millions d'euros, entièrement porté par les copropriétaires.

Aussi connue que la tour Eiffel. Et pourtant, si mal aimée. La tour Montparnasse, c’est un peu le vilain petit canard à Paris. Un bâtiment monolithique brun, rectangle planté dans la ville, qui depuis 40 ans s’incruste, qu’on le veuille ou non, sur toutes les photos de touristes tant il est visible de partout.


Mais les choses sont peut-être en train de changer. Peut-être la tour Montparnasse va enfin se faire aimer. En tout cas, un vaste lifting du bâtiment va être lancé, et la tour Montparnasse pourrait bien devenir un site à visiter. Et concurrencer sa voisine du Champ-de-Mars.


Un concours d'architecture international a en effet été lancé en juin 2016. Avec une ligne directrice : "Redonner une identité forte, innovante, dynamique et moderne" à la tour. "L’enjeu était de taille, précise la Ville de Paris. Il fallait inventer un bâtiment plus agréable pour les nombreuses personnes qui y travaillent chaque jour, pour ceux qui viennent y admirer le paysage, pour ceux qui voient la tour d’en bas, et vivent autour." Bref, réconcilier les Parisiens avec cette tour, qui deviendra "l’icône du Paris du XXIe siècle".

Trois agences françaises viennent d’être retenues par le syndicat des copropriétaires de l'Ensemble immobilier Tour Maine Montparnasse (EITMM) : les agences Chartier-Dalix, Franklin Azzi et Hardel et Le Bihan, réunies au sein de la Nouvelle AOM.


Le projet est d’alléger un peu cette tour si carrée. Aujourd'hui sombre et enclavé dans une austère dalle de béton, le bâtiment, inauguré en 1973, deviendra "clair, transparent, exemplaire au plan énergétique". Et pourrait accueillir 12.000 personnes par jour, contre 6.000 aujourd'hui, et comprendra notamment un hôtel sur quatre étages et une crèche. Elle doit vivre "24 heures sur 24", avec de multiples usages.

 Au niveau du premier tiers, où seront logés la plupart des services (cafés, restaurants) destinés aux occupants des bureaux, un "jardin suspendu" à ciel ouvert donnera un aspect plus "vert" au bâtiment, renforcé par des jardins d'hiver en balcons qui verront le jour à chaque étage. 


La tour devrait aussi gagner quelques mètres. Elle fait actuellement 210m, ce qui fait d'elle le plus haut édifice parisien. Elle va encore pousser : vont s'ajouter les 18m d'un étage supplémentaire où seront logés une "serre agricole" et 850m² de panneaux photovoltaïques.

La tour sera bien évidemment, é-co-lo-gique. Elle sera la première "tour éolienne" du monde, captant l’énergie du vent et réduisant au minimum la ventilation mécanique. 80% de la façade existante sera réemployée à l’intérieur de la tour, "magnifiant son héritage", indique la Ville. Ses panneaux photovoltaïques plantés sur le toit permettront en outre de couvrir la moitié de ses besoins en éclairage artificiel.


Les travaux, qui nécessiteront de vider cette tour de bureaux de ses occupants, doivent débuter fin 2019 et durer environ 40 mois, afin de s'achever à temps pour les Jeux olympiques de 2024. 

Chose insolite, ce "lifting" de grande ampleur qui va coûter un peu plus de 300 millions d'euros, est un projet entièrement privé. Ce sont les 40 copropriétaires de la tour qui vont le financer. Une exposition, en accès libre du 20 septembre au 22 octobre au Pavillon de l'Arsenal, permet aux Parisiens de découvrir le projet.


Ce projet, baptisé Demain Montparnasse s’inscrit dans une réflexion plus large : redynamiser le quartier Montparnasse, accompagnant la modernisation de la gare dont le nombre de voyageurs devrait doubler d’ici 15 ans. Et, au passage, faire oublier et tourner la page de l'amiante. Si la fibre cancérigène a été retirée dans 90% du bâtiment depuis 2006, il en subsiste dans les 10% restants, des "parties inaccessibles de la tour, comme les joints de façade", précisent les architectes. Mieux qu'un petit canard qui se transforme en cygne, une véritable renaissance !

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