Viktor Orban, Ali Bongo, Sergueï Lavrov : ces invités (un peu gênants) de la marche républicaine

Viktor Orban, Ali Bongo, Sergueï Lavrov : ces invités (un peu gênants) de la marche républicaine

BETES NOIRES - L’annonce de la venue de certains chefs d’Etat étrangers controversés, comme le Premier ministre hongrois Viktor Orban, dimanche 11 janvier à Paris lors de la marche républicaine en hommage aux victimes des attentats fait réagir Twitter.

La présence de certains chefs d’Etat , critiqués pour leur vision plutôt étroite de la liberté d’expression – pourtant si chère à Charlie Hebdo – ou de leurs représentants, pour participer à la marche républicaine, dimanche 11 janvier en hommage aux 17 victimes des attentats des 7, 8 et 9 janvier en Ile-de-France, est-elle souhaitable ? C’est en tout cas la question qui agite des internautes sur les réseaux sociaux depuis l’annonce de la venue à Paris de certains invités polémiques, à l’image du Premier ministre hongrois, Viktor Orban, du président de la République gabonaise, Ali-Omar Bongo, ou du chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov.

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Sur Twitter, des voix s'élèvent pour railler et critiquer des présences inappropriées : "Viktor Orban et M. Rajoy viendront défendre la liberté d’expression avec Ali Bongo et Erdogan. Des nouvelles de Poutine?" ironise le sociologue Eric Fassin, professeur en science politique à l’université Paris-VIII. "L’unité internationale (Orban, Rajoy…), c’est comme l’unité nationale: si nous sommes tous Charlie, alors, beaucoup sont des Charlots", dégaine-t-il quelques minutes plus tard.
 

Pas des champions de la liberté d’expression

Il est vrai que les invités ici critiqués ne sont pas vraiment des apôtres de la liberté d’expression et du respect des libertés publiques dans leur propre pays. Depuis qu’il est au pouvoir en Hongrie, Viktor Orban, président du Fidesz, parti ultraconservateur et populiste, est particulièrement critiqué pour ses attaques envers la presse et l’indépendance des médias.

Votée en décembre 2010, la très décriée loi sur les médias voulue par Orban n’est pas un exemple en matière de liberté de la presse et de liberté d’expression, notamment avec les amendes très élevées, de l’ordre de 650.000 €, qui peuvent être infligées aux médias et la création d’un Conseil des médias dont les membres ont été nommés par… le Fidesz. Une situation qui n’a pas évolué et qui continuait d’inquiéter le commissaire aux Droits de l’homme du Conseil de l’Europe en décembre 2014.

"Nous vomissons sur tous ces gens qui, subitement, disent être nos amis"

Et que dire du président gabonais, Ali Bongo, ou du chef de la diplomatie russe ? Car la situation de la presse au Gabon ou en Russie n’est pas idyllique si on se réfère au classement de Reporters sans frontières (RSF) qui classe le pays africain en milieu de tableau, en 98e position, dans son classement 2014 et la Russie en 148e position. 

Cette vague de soutien n’est d’ailleurs pas vraiment du goût du Willem , dessinateur néerlandais de Charlie Hebdo, qui s’en fait l’écho dans la presse néerlandaise. "Nous avons beaucoup de nouveaux amis, comme le pape, la reine Elizabeth ou Poutine : ça me fait bien rire", a déclaré le dessinateur. Et de soutenir : "Nous vomissons sur tous ces gens qui, subitement, disent être nos amis."

EN SAVOIR +
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