6 nouvelles preuves que si vous êtes sur Facebook, vous n'avez pas de vie privée

6 nouvelles preuves que si vous êtes sur Facebook, vous n'avez pas de vie privée

RESEAU SOCIAL - Déjà dans la ligne de mire de l’autorité française de protection des données personnelles, l’entreprise américaine Facebook a réussi à provoquer la colère de celle-ci à force de manquements aux réglementations européennes. La CNIL abat ses cartes contre le géant et rend la mise en demeure publique.

La France n’est certes pas le premier pays à attaquer Facebook et la politique de conservation des données personnelles de ses usagers. La Belgique avait déjà assigné le réseau social en référé en novembre dernier. A l’époque, metronews avait contacté la Cnil (Commission nationale de l’informatique et des libertés), qui avait indiqué que Facebook faisait déjà l’objet d’une enquête et la liste des manquements aux réglementations françaises et européennes du réseau social s’allongeait déjà à l'époque.

C’est désormais acquis : la Cnil a donné un délai de trois mois à l’entreprise aux 20 millions d’usagers en France pour changer de politique, sous peine d’une amende de 150.000 à 1,5 million d’euros en cas de poursuite pénale. Une brindille dans l’œil du géant multimilliardaire, mais un coup porté à son image qui pourrait lui laisser des cicatrices en France, mais aussi à l’étranger. Au passage, comme le précise le site Nextinpact, la Cnil en profite pour rappeler aux bons souvenirs de Facebook ses “errances du passé” avec le dossier du Safe Harbor, soit l’invalidation d’un traité vieux de quinze ans qui permettait le transfert des données récoltées en Europe vers les Etats-Unis.

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 Ce que la Cnil reproche à Facebook
Plusieurs points ont été soulevés par la Cnil, et chacun de ces points pèse lourd dans la balance des accusations.

Le ciblage publicitaire des usagers sans leur consentement
Dans ce cadre, les accusations sont nombreuses. Facebook possède en effet plusieurs sociétés telles que Whatsapp, Instagram et Facebook Payment Inc. et à ce titre, la récolte et le transfert des données entre ces plateformes n’est pas autorisé et tout autre transfert de données personnelles dans le cadre d'un ciblage publicitaire. Et pourtant, ce sont pas moins de 13 cookies différents qui ont été identifiés sur la plateforme. Ces micro-fichiers se déposent sur votre ordinateur et traquent silencieusement votre activité en ligne (sauf si vous décidez d’installer une extension anti-traqueur tel que Ghostery , qui permet de les bloquer pour la plupart) : c'est notamment comme cela que, lorsque vous avez consulté un site marchand, vous vous en retrouvez la publicité ailleurs, comme sur Facebook. 

L’utilisation de votre dossier médical pour vous authentifier
Vous avez peut-être eu affaire à cette demande un brin alarmante, de la part du réseau social, notamment si vous avez souhaité changer votre identité sur votre profil. Dans certains cas, pour vous identifier, Facebook réclame des documents confirmant votre identité, et cela peut même être votre dossier médical (par exemple concernant un changement de sexe). Une demande abusive dont la Cnil réfute le bien-fondé dans son attaque.

La traque des non-inscrits
Les Belges se sont déjà insurgés contre cette pratique et ont eu gain de cause. Mais en France, c’est toujours monnaie courante. A la France de dire stop, cette fois-ci. Les personnes non-abonnées à la plateforme devraient cesser d'être observées si Facebook cesse ses pratiques.

La conservation abusive et trop longue des données personnelles
S’il devait y avoir deux entreprises à citer, qui vous connaissent mieux que vous-mêmes, ce serait Facebook et Google. Google a déjà subi la sanction de la Cnil en la matière, au tour de Facebook cette fois, de répondre de la conservation et collecte de vos données, jugée trop longue en proportion de l'utilisation qui en est faite par la Cnil.

La collecte et conservation des données personnelles et sensibles sans le consentement des usagers
A chaque “J’aime” cliqué sur des pages Facebook, à chaque création de compte, remplissage de profil et catégories (opinions religieuses, sexuelles et politiques) et à chaque connexion, Facebook traque le système d’exploitation que vous utilisez, le terminal sur lequel vous êtes connecté, les informations que vous partagez avec lui et les partenaires tiers de l’entreprise. Et si vous êtes libres d’utiliser la plateforme comme bon vous semble, dans le cadre privé, vous ne consentez pas forcément pour autant à délivrer autant de données personnelles et à les voir réexploitées sans votre accord. Pour cela aussi, la Cnil demande à Facebook de revoir sa copie.

Dans sa délibération rendue publique le 4 février, la Cnil précise que sa mise en demeure n'est pas une sanction et si Facebook cesse ses pratiques, toute poursuite sera retirée. Ceci pourrait ensuite profiter à l’ensemble des pays de l’Union Européenne et la procédure est déjà en marche en ce sens.

Mais même si l’attaque de la Cnil est nécessaire, cela n’empêchera toutefois pas l’entreprise Facebook de poursuivre sa collecte de données. Elle vous demandera simplement votre autorisation, et si vous souhaitez continuer à profiter de ses services, vous aurez bien souvent l’obligation d’accepter. Les seules solutions actuelles restent radicales : soit la suppression de votre compte, ferme et définitive, soit une limitation de vos actions au strict minimum sur le réseau social et ses autres sociétés. Car à l’ère du réseau social omniscient, comme le dit l’adage : "Si c’est gratuit, c’est vous qui êtes le produit".

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