Attentats de Bruxelles : quand Facebook prévient vos proches à la place des autorités

Attentats de Bruxelles : quand Facebook prévient vos proches à la place des autorités

ATTENTATS - "Evitez le téléphone !" Face à la saturation des réseaux, après les explosions survenues à Bruxelles, les autorités ont appelé la population à privilégier les réseaux sociaux à leur portable. Ou comment les pouvoirs publics abandonnent à Facebook le soin de prévenir les proches en cas d'urgence.

Comme lors des attentats de Paris le 13 novembre dernier, les réseaux téléphoniques mobiles ont rapidement connu de très fortes perturbations ce mardi matin dans la capitale belge, après les explosions survenues à l’aéroport international de Zaventem et dans une station de métro, dont un bilan provisoire fait déjà état de 34 morts et plusieurs centaines de blessés.

Peu après les attaques, la cellule de crise du ministère de l’Intérieur belge et les opérateurs ont immédiatement appelé les habitants à privilégier les réseaux sociaux aux coups de fil, faute de pouvoir assurer les communications sur les réseaux téléphoniques. Pour faciliter leur accès, l’opérateur belge Telenet a autorisé l’accès gratuit à toutes ses bornes Wi-Fi publiques. Ce qui n’avait pas été le cas lors des attentats de Paris !

Les réseaux sociaux fonctionnent indépendamment des réseaux télécoms

Même si c’est désormais un réflexe, les internautes belges n’ont eu d’autre choix dans les heures qui ont suivi les attentats que d’utiliser les réseaux sociaux et les applications de messagerie, notamment Twitter et WhatsApp, afin de se tenir au courant ou de savoir où étaient leurs proches. Ils ont l’avantage, en effet, de fonctionner indépendamment des réseaux.

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Cette saturation des réseaux téléphoniques, qui empêche témoins et victimes de se signaler ou de rassurer leurs proches, pose une nouvelle fois la question de la nécessité de réfléchir à de nouveaux modes de communication d’urgence. A l’image du tristement célèbre "Safety Check", déclenché par Facebook ce matin aux alentours de 11 heures.

Le 13 novembre, 5 millions d'utilisateurs

A peu près dans le même timing que lors des attentats de Paris, ce dispositif d’urgence permet de signaler, en lieu et place de l'Etat, à ses "amis" que chacun est en sécurité. Le réseau social de Mark Zuckerberg avait initié ce dispositif dans un premier temps pour les cas de catastrophes naturelles, après le tremblement de terre d'Haïti en 2011.

Un peu avant une heure du matin, dans la foulée des attaques qui ont frappé Paris dans la nuit de vendredi 13 novembre, Facebook avait déclenché, pour la première fois en France, ce dispositif d’urgence. Au total, plus de 5 millions de personnes l'ont utilisé au cours du week-end, démontrant ainsi tout son utilité pour collecter des informations, notamment en cas d'attentat.
 

Le gouvernement français planchent sur des applications mobiles

Pour rattraper son retard, le ministère français de l’Intérieur plancherait d’ailleurs sur la mise en place de nouveaux moyens de communication, plus ou moins similaire. En janvier dernier, comme le rappelle Rue89 , Bernard Cazeneuve avait expliqué que ses services travaillent d'ores et déjà dans ce sens.

"Le développement d’applications mobiles d’information aux citoyens dans le cadre du Système d’alerte et d’information des populations (SAIP) a été accéléré. Les travaux sont en cours pour parvenir à cet objectif prochainement", disait le ministre. En attendant, on pourra toujours compter sur Facebook... le plus tard possible !

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