Attentats - Pourquoi Facebook a enclenché le "Safety Check" pour Paris et pas pour le Liban

Attentats - Pourquoi Facebook a enclenché le "Safety Check" pour Paris et pas pour le Liban

FACEBOOK - La fonctionnalité "Safety Check" de Facebook, enclenchée après les attentats du 13 novembre pour que les Parisiens puissent signaler à leurs proches que chacun est en sécurité, a suscité de très nombreuses critiques de la part des internautes libanais. La veille, la ville de Beyrouth avait été la cible d'une attaque terroriste particulièrement sanglante. Mais Facebook n'avait pas bougé le petit doigt. Deux poids, deux mesures ? Voici nos explications.

Un peu avant une heure du matin, dans la foulée des attaques qui ont frappé la capitale dans la nuit de vendredi, Facebook a déclenché, pour la première fois en France, son dispositif "Safety Check" qui permet de signaler à ses amis que chacun est en sécurité. Au total, plus de 5 millions de personnes l'ont utilisé au cours du week-end, démontrant ainsi tout son utilité pour collecter des informations, notamment en cas d'attentat.

Le jour précédent, la banlieue sud de Beyrouth (Liban) avait été le théâtre d'un attentat particulièrement sanglant. Le plus meurtrier qu’ait connu la ville depuis la fin de la guerre civile libanaise en 1990. L'attaque, qui a provoqué la mort de 43 personnes et fait 239 blessés, a été elle aussi revendiquée par l'État islamique. A la différence qu'au Liban, Facebook n'a pas mis en place en place son dispositif de "contrôle d'absence de danger"

Deux poids deux mesures ? "Oui", pour les internautes libanais

Facebook a initié ce dispositif pour les cas de catastrophes naturelles, après le tremblement de terre d'Haïti en 2011. Il a d'ailleurs été utilisé en avril dernier après le séisme qui a touché le Népal. En octobre 2014, la patron de Facebook expliquait d'ailleurs : "Nous commençons avec les catastrophes naturelles puis nous l'étendrons à d'autres sortes d’événements avec le temps." Mais sans vraiment s'y atteler, visiblement... jusqu'aux attentats de Paris.

Bon nombre d'internautes au Liban ont ainsi interpellé Mark Zuckerberg : pourquoi Paris et pas Beyrouth, la veille ? Ils ont été nombreux à exprimer leur indignation sur le réseau social, à l'instar du blogueur  Joey Ayoud , qui dénonce dans un post la différence de traitement entre les deux parties, comme le rapporte The Independent . Son message a été partagé plus de 10.000 fois. "Il y a eu deux horribles nuits. La première a ôté la vie à plus de 40 personnes à Beyrouth, la deuxième plus de 100 à Paris. Il me semble évident que la mort de mes compatriotes à Beyrouth n'a pas autant d'importance aux yeux du monde que celle de mes autres compatriotes à Paris", y a-t-il déclaré.

La réponse de Mark Zuckerberg

Face aux critiques, le fondateur et PDG du réseau social a réagi immédiatement sur son mur Facebook au lendemain des attentats de Paris. Il explique que la décision de réactiver cette fonctionnalité "pour d’autres désastres humains à venir" n’a été prise par le réseau social que dans la nuit du 13 novembre.

Alex Schultz, le vice-président à la croissance de Facebook, s'est lui aussi engagé sur son mur à étendre cette fonctionnalité aux "incidents graves et tragiques dans le futur". Un hasard de calendrier, donc ? Affaire à suivre... le plus tard possible. 

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