Téléchargement illégal : où en est-on de l’affaire Megaupload (et de son retour supposé) ?

TÉLÉCHARGEMENT - Le principal site de téléchargement illégal en France a été fermé par les autorités, ZoneTelechargement, laissant de nombreux adeptes sur le carreau. Un épisode qui n’est pas sans rappeler la fermeture de la plateforme Megaupload, quatre ans plus tôt, dont le fondateur a annoncé le grand retour en juillet dernier.

Comme un air de déjà vu. Pour les internautes qui ont l’habitude de télécharger ou regarder des séries en streaming, Megaupload a été pendant longtemps le site incontournable. A son heure de gloire, la plateforme de téléchargement, qui était le 13e site le plus visité d'Internet, affichait 50 millions d'utilisateurs quotidiens et prétendait représenter pas moins de 4% du trafic au monde. Rien qu’en France, 7 millions d’utilisateurs s’y rendaient tous les mois lors de sa dernière année d’exploitation, en 2011.


L'empire de Kim Dotcom, son fondateur, s'est effondré le 19 janvier 2012. Alors que les forces de l’ordre débarquaient dans sa luxueuse propriété d'Auckland en Nouvelle Zélande, où il s’était installé deux ans plus tôt, le département de la Justice des États-Unis ordonnait la saisie des noms de domaine des sites de téléchargement et de streaming Megaupload (téléchargement direct) et Megavideo (streaming), les rendant ainsi inaccessibles aux millions d'internautes qui s'y rendaient quotidiennement. A l'instar du site Zone Téléchargement dont les autorités ont annoncé la fermeture ce lundi 28 novembre.

Kim Dotcom clame lui toujours son innocence

Pas loin de cinq ans après son arrestation, Kim Schmitz (de son vrai nom) continue de clamer son innocence, et multiplie les recours afin de repousser son extradition aux Etats-Unis, où il risque 20 ans de prison. Il est accusé par la justice américaine d'avoir tiré de son activité 175 millions de dollars de profit et causé des centaines de milliards de dollars de pertes aux ayants droit des œuvres musicales, films et autres produits piratés.


Libéré sous caution suite à son arrestation, un juge néo-zélandais a pourtant autorisé son extradition en décembre 2015. Mais l’audience, qui se tenait en août dernier, n’a pas abouti. Celui qui se décrit comme un « combattant de la liberté d'internet » a bien tenté de lancer de nouveaux services, comme IMegabox (streaming musical), Mega (stockage en ligne) ou MegaChat (messagerie instantanée sécurisée). En vain, ces derniers  n’ayant jamais rencontré le succès escompté.

Les internautes cherchent une nouvelle alternative

Enième (et vaine ?) provocation en date : Kim Dotcom a annoncé en juillet dernier d’annoncer le lancement d’une nouvelle plateforme de téléchargement, le 20 janvier prochain. La date n’a pas été choisie par hasard. Cela fera, en effet, six ans jour pour jour que les autorités américaines ont "débranché" ce service de téléchargement illégal. Les comptes des anciens utilisateurs, qui avaient été supprimés lors de son arrêt, seront restaurés, assure Kim Dotcom.

Kim Dotcom promet que ce nouveau service de téléchargement ne sera pas un simple clone du site Megaupload. L'utilisateur pourra profiter de 100 Go de stockage gratuit, et sans aucune limite de transfert. En outre, toutes les données qui transitent sur la plateforme seront désormais chiffrées par défaut. De quoi redonner du baume aux cœurs aux 11.000 visiteurs quotidiens du site Zone Téléchargement? Depuis l’annonce de sa fermeture, des milliers d'internautes indignés sont déjà en quête de nouvelles alternatives.

Ce créateur de site de téléchargement illégal vient d’être condamné : Sept à Huit l'avait interviewé en 2013

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