Coline et Hervé, profession YouTubeur (ou presque)

Coline et Hervé, profession YouTubeur (ou presque)

PORTRAITS - Ils sont adorés par des milliers d'internautes. Les YouTubeurs, ces rois de la vidéo en ligne, connaissent un succès croissant, dans les pas des Cyprien, Natoo et autres Golden Moustache. Nous sommes allés à la rencontre de Coline (Et pourquoi pas Coline) et Hervé (Hervé Cuisine), nouveaux ambassadeurs de la plateforme, afin de découvrir qui se cache derrière nos écrans.

Un jeudi soir à Paris, au Palais de la Mutualité tout paré de rouge. YouTube y organise sa traditionnelle soirée YouTube BrandCast qui honore ce que la plateforme vidéo compte de contenus et d'innovations. Et parmi les invités d'honneur, on trouve des visages connus des internautes. Car pas besoin d'être une star du petit écran aujourd'hui pour compter ses fans par centaines de milliers. Internet a changé la donne et YouTube bouleversé le paysage en offrant une scène d'expression à de nouveaux visages.


La France compte 85 "millionnaires", ces comptes YouTube à plus d'un million d'abonnés dont les Squeezie, Norman, Natoo et autres EnjoyPhoenix. Et pourtant, les ambassadeurs de YouTube, cette année, sont tout autre, mais bien connus des amateurs de vidéos de tutoriels ou d'astuces en tous genres : Sananas (beauté et mode), Coline (Et Pourquoi Pas Coline, lifestyle) et Hervé (Hervé Cuisine). Nous sommes allés discuter avec ces deux derniers pour comprendre ce qu'être YouTubeur avait changé dans leur vie.

Qui se cachent derrière vos chaîne YouTube ?

Hervé : J'ai 37 ans. Je gère la chaîne YouTube Hervé Cuisine depuis 2007. Je fais de la cuisine en amateur !


Coline : J'ai 30 ans, je suis blogueuse lifestyle depuis 2007, à l'origine sur "Et Pourquoi Pas Coline". Et depuis 2011, j'ai une chaîne YouTube du même nom. Je parle aussi bien de beauté que de cuisine, de livre, de musique ou de cinéma. Je suis assez portée sur le green, le bio, l'écologie, le naturel... Je suis vegan, c'est un sujet que j'aborde pas mal sur ma chaîne et les réseaux.

  

Pourquoi vous êtes-vous lancés ?

Hervé : A l'époque, je travaillais déjà en marketing, comme aujourd'hui encore. C'était mon premier poste. Je m'ennuyais un petit peu et j'avais envie de faire autre chose. Comme j'aimais bien l'informatique, tout ce qui était internet, je me suis dit : "Applique-le à quelque chose que tu aimes bien faire" et c'était la cuisine. Je n'avais aucune formation dans ce domaine, mais je me suis lancé tout de suite en vidéo. A l'époque, il n'y avait personne qui faisait des vidéos de cuisine. Ça commençait en TV et en blog. J'ai été longtemps tout seul sur mon segment, pendant près de 4 ans. 

 

Coline : Fin 2007, j'étais à la fin de ma grossesse et j'ai démarré ça un peu pour tuer le temps. C'était encore les prémisses des blogs mode. Je suivais déjà quelques blogs et je trouvais le concept hyper sympa de partager ses looks, d'être dans l'avis. Je me suis lancée et j'ai vu qu'il y avait des interactions. C'est génial et on n'a plus du tout envie de s'arrêter. Je me suis mise à la vidéo un an plus tard.

Comment vos proches et amis ont-ils réagi à vos premières vidéos ?

Hervé : Ils ont été de vrais soutiens, très enthousiastes, surtout ma famille. Au début, on est plutôt discret sur ses vidéos. Mais les premiers retours ont été super. Ils étaient ravis de me dire qu'ils avaient fait ma recette de fondant au chocolat ou autre, même refait plusieurs fois.... La vidéo pour expliquer une recette, c'est encore mieux que de la filer sur un bout de papier ou par mail. Je voyais que le format marchait. Ça encourage à en faire d'autres et ça fait boule de neige. Bon, ils m'ont surtout dit que j'avais des tics de langage au début.

 

Coline : On m'a beaucoup reproché de chercher mes mots, de faire beaucoup de "euh...". C'est un truc que j'essaie de travailler, mais je suis comme ça. Je me souviens de ma mère au début quand j'ai commencé qui me disait : "Coline, t'as pas l'air super à l'aise..." Je lui répondais que ce n'était pas grave, j'aimais bien ça. Mais en effet, quand je regarde aujourd'hui, c'est un peu l'angoisse (rires). Je n'ai pas du tout l'air à l'aise. 

  

Comment avez-vous pris les premières critiques ?

Coline : Bizarrement, positivement ou négativement, ça aurait dû me marquer. En fait, je ne m'en souviens pas. Mais bon, j'ai une mémoire catastrophique…


Hervé : J'ai eu des commentaires au début de personnes qui devaient être des pros ou qui tenaient des sites et qui me disaient : "Ce n'est pas comme ça... tu tiens mal ton couteau". Je leur ai répondu que je n'étais pas chef, je suis amateur. Je n'ai jamais prétendu être chef de cuisine, je n'ai pas de formation. Ça irritait les gens du métier de voir un jeune sorti de nul part et n'ayant pas fait d'études partager sa passion en vidéo. C'était plus le format qui énervait. Car des recettes, tout le monde en partage avec ses amis.

On imagine souvent le YouTubeur toute la journée seul face à son écran…

Hervé : Moi, j'ai fait le choix de continuer à travailler. C'est dur de tout gérer, surtout à certaines périodes un peu chaudes comme les fêtes où il faut produire du contenu. Là où Coline a trouvé du lien social avec son collectif, moi, j'arrive le matin, j'ai mon équipe. On prend le café ensemble, on discute… J'ai besoin de ça !

 

Coline : Pendant très longtemps, j'ai travaillé seule. Ça m'a beaucoup apporté. C'est mon métier, je ne fais que ça. Je passe toute ma journée devant mon ordinateur à faire du montage vidéo, à me filmer… Ça ne me gêne pas d'être toute seule à le faire, mais j'évolue. Désormais, je fais partie d'un collectif qui s'appelle Unicon. J'ai l'impression d'avoir des collègues de travail et j'en avais peut-être besoin. On peut discuter sur notre univers qu'est YouTube. Ce qu'on ne peut pas faire au quotidien avec sa mère ou sa grand-mère. Avec Hervé, on a beaucoup échangé ces derniers temps pour préparer l'évènement (le YouTube BrandCast, ndlr). 


Et qu'est-ce que ça échange deux YouTubeurs qui se rencontrent ?

Hervé :  Des recettes de gâteau à la courgette et des conseils beauté sur les huiles ! (rires) On est solidaire car on a des projets en commun. Même si on a deux univers différents, nous nous sommes aperçus en préparant l'évènement qu'il y avait pas mal de points communs.

Quel conseil donneriez-vous à un jeune qui veut lancer sa chaîne YouTube ?

Hervé : Je suis très sollicité par des jeunes qui veulent se lancer. Je leur dis de ne surtout pas brûler les étapes. Il faut trouver son style, sa thématique, se différencier. Beaucoup de jeunes démarrent en refaisant ce que d'autres YouTubeurs ont déjà fait. S'il n'y a pas de touche personnelle, vous ne vous démarquerez jamais. Soyez vous-même et laissez votre personnalité s'exprimer !


Coline : La personnalité, c'est le plus important. Au-delà du contenu. C'est ce qui fait que les gens s'attachent…


Hervé : Il faut savoir être patient, ça ne se fait pas du jour au lendemain d'avoir une communauté. Il y a plein de petits jeunes qui se lancent, qui veulent tout de suite faire des collaborations.


Coline : Il faut faire les choses comme on a envie de le faire. Mais les faire pour de bonnes raisons. Si tu veux faire ta chaîne YouTube pour te faire de l'argent, et éviter de finir tes études, ce n'est pas le bon choix.

 

Et si demain tout s'arrête ?

 Hervé : Ce sera un nouveau chapitre de la vie ! On est assez serein. Si ça doit s'arrêter, ça s'arrêtera. Mais on travaille dur depuis 10 ans pour que ça fonctionne. 

 

Coline : Toi, tu continueras à être directeur marketing et moi, je deviendrai naturopathe. J'aimerais beaucoup… Ou monitrice d'auto-école ! Je trouve que c'est un super métier (rires).

 

 

La chaîne Hervé Cuisine compte aujourd'hui près de 475 000 abonnés. Tous réseaux sociaux combinés, ce sont près de deux millions d'internautes qui se lèchent les babines régulièrement.

 

Coline distille ses conseils beauté, mode et bien-être à 230.000 abonnés sur EppColine. Elle tient aussi le blog Et Pourquoi pas Coline.

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