Facebook : arrêtons le trafic d'animaux sauvages

Facebook : arrêtons le trafic d'animaux sauvages

COMMERCE ILLÉGAL - L'association de protection des animaux Traffic a découvert sur le réseau social plus de 300 animaux sauvages en vente. Alerté par l'ONG, Facebook a dit vouloir coopérer avec l’association pour trouver des "solutions pratiques" pour mettre fin à ces abus.

Des ours malais, des gibbons, des tortues marines, des cacatoès ou encore des loutres. Depuis quelques années, un nombre croissant de trafiquants utiliseraient Facebook pour leur commerce illégal. Et des centaines d'animaux sauvages seraient actuellement en vente sur le réseau social. C'est en tout cas ce qu'affirme un rapport du réseau de surveillance du commerce des espèces sauvages Traffic, publié la semaine dernière.

Pas moins de quatorze groupes créés depuis la Malaisie auraient été identifiés par l'association Traffic (au cours des 50 heures d'observations). Comme l'explique l'ONG , les trafiquants ont désormais recours à des groupes fermés, nécessitant l'approbation de l’administrateur pour y entrer. "Le commerce paraît très décontracté, les trafiquants fournissent tranquillement leurs coordonnées et ils proposent parfois de livrer un animal au domicile de l'acheteur", indique le rapport.

Les groupes comptaient près de 68.000 utilisateurs actifs

De plus, les groupes peuvent rapidement changer de nom ou fermer un compte et apparaître sous un autre, des pratiques qui mettent en relief les difficultés à lutter contre ces abus : cela complique grandement la tâche des enquêteurs chargés de lutter contre le trafic d'animaux sauvages, évalué à près de 15 milliards d'euros  et qui se classe aujourd'hui au 4e rang des activités illicites les plus lucratives au monde, derrière le trafic de drogues, les contrefaçons et la traite d'êtres humains.

"À la fin de notre surveillance, les groupes comptaient près de 68.000 utilisateurs actifs et les 106 vendeurs identifiées n’ont fait que peu d’efforts pour cacher leur activité illégale", précise l'ONG dans son rapport. "Le développement des réseaux sociaux semble avoir permis la création d’un marché en plein essor propice au trafic d’animaux sauvages en tant qu'animaux de compagnie", souligne Kanitha Krishnasamy, responsable de l’association en Asie du sud-est co-auteur de l’étude.

Contactée par Traffic, la société de Mark Zuckerberg a indiqué vouloir coopérer avec l’association pour trouver des "solutions pratiques" pour lutter contre ces abus . "Nous sommes déterminés à travailler avec Traffic pour aider à lutter contre le commerce illégal d’espèces sauvages sur Internet, a déclaré un porte-parole. Facebook ne tolère pas la vente et le commerce des animaux en voie de disparition et nous n’hésiterons pas à supprimer tout contenu qui viole nos conditions d’utilisation."

Une loi pour encadrer les ventes d'animaux domestiques

Si l’ONG salue ces déclarations, elle appelle à une collaboration plus étroite entre les autorités et Facebook "pour permettre un ciblage efficace des délinquants» et pour sensibiliser davantage les individus en dénonçant les activités illégales sur les réseaux sociaux. Son enquête aurait permis aux autorités malaisiennes de procéder à quarante-trois saisies, arrêté cinquante-quatre trafiquants et empêché soixante-sept espèces d’être vendues illégalement sur Facebook.

Vous pouvez soutenir l'action de l'ONG en adhérant à sa page Facebook

Depuis le 1e janvier 2016, les Français souhaitant vendre des animaux de compagnie qu'ils ont fait naître eux-même doivent désormais se procurer un numéro de Siren auprès de la chambre d'agriculture de leur département pour le faire figurer sur leurs petites annonces. L'objectif est de lutter contre le trafic d'animaux domestiques (les chiens et les chats, notamment). Une activité qui concernerait près de 50.000 personnes dans l'Hexagone.

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