Facebook - Un dirigeant arrêté au Brésil pour refus de livrer des informations à la police

Facebook - Un dirigeant arrêté au Brésil pour refus de livrer des informations à la police

FACEBOOK – Le vice-président de Facebook pour l’Amérique latine a été arrêté mardi à l’aéroport de Sao Paulo par la police fédérale brésilienne. La justice lui reproche son refus de collaborer à une enquête sur une bande locale de trafiquants qui communiquaient via WhatsApp.

La guerre ouverte entre les géants américains du numérique et les autorités judiciaires, au sujet de la manière dont les entreprises technologiques doivent travailler avec les forces de l'ordre, dépasse largement les frontières américaines. Au Brésil, le vice-président de Facebook pour l'Amérique latine, a été arrêté mardi pour avoir refusé de fournir des informations à la police.

L'Argentin Diego Dzodan a été conduit au siège de la police fédérale de Sao Paulo pour être interrogé. Il y restera en détention préventive "à la disposition de la justice", précise le communiqué de la police. Le dirigeant aurait refusé à plusieurs reprises de collaborer à une enquête sur une bande locale de trafiquants qui communiquaient par le biais de l'application de messagerie WhatsApp, qui appartient à Facebook.

Le contexte de l'affaire brésilienne
La première demande du juge pour que WhatsApp, dont Facebook est propriétaire, livrent les conversations remonte à quatre mois. La justice brésilienne a décidé fin janvier d'infliger une amende de 50.000 réais (12.500 euros) par jour à l'entreprise américaine pour qu'elle donne accès aux informations demandées. Elle s'élevait déjà à 250.000 euros il y a un mois, précise l'AFP.

L'entreprise dirigée par Mark Zuckerberg a critiqué l'arrestation de son dirigeant, en poste depuis juin 2015. "Nous sommes déçus par la mesure extrême et disproportionnée consistant à conduire sous escorte un dirigeant de Facebook au siège de la police pour une affaire qui concerne WhatsApp, qui opère séparément de Facebook", a affirmé le réseau social dans un communiqué.

Pourquoi Whatsapp refuse de s'y plier
De son côté, l'application de messagerie WhatsApp affirme en guise de défense ne disposer d'aucun serveur au Brésil, où seraient conservées les conversations  : "WhatsApp ne peut apporter des informations qu'elle ne détient pas", a affirmé un responsable de l'application de messagerie dans un communiqué relayé par la presse locale .

Il ne s'agit pas du premier démêlé de Facebook avec la justice brésilienne. En décembre, WhatsApp avait été bloqué 12 heures durant dans tout le pays après la décision d'un juge pour le même motif : refus de fournir des informations dans le cadre d'une enquête judiciaire. Le blocage, qui avait indigné des millions de Brésiliens, avait finalement été annulé en appel par un autre tribunal.

Une affaire qui fait écho au dossier Apple
Cette nouvelle affaire survient alors qu'Apple et le gouvernement américain sont engagés dans un bras de fer ayant de vastes implications sur la manière dont les entreprises technologiques doivent travailler avec les forces de l'ordre. La marque à la pomme refuse de se plier à une injonction judiciaire exigeant qu'il aide les enquêteurs du FBI à accéder au contenu crypté d'un iPhone.

EN SAVOIR + >> Non, Apple ne donnera pas l'accès à votre iPhone au FBI

Il y trois ans, c'est Google qui avait été la cible de la justice brésilienne. Son dirigeant au Brésil avait été arrêté et détenu pendant quelques heures pour ne pas avoir retiré deux vidéos de la plateforme YouTube, propriété du groupe, qui attaquait un candidat à la mairie d’une ville du Mato Grosso do Sul (centre-ouest). Une chose est sûre : on ne plaisante pas avec la justice brésilienne !

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