Humain vs Robot : au défi du jeu de Go, l'intelligence artificielle domine l'Homme

Humain vs Robot : au défi du jeu de Go, l'intelligence artificielle domine l'Homme

INTELLIGENCE ARTIFICIELLE – Malgré les progrès de la robotique, il n'est pas certain que l'intelligence artificielle puisse un jour dépasser l'intelligence humaine. Pour en avoir le cœur net, metronews a décidé de compter les points de cet affrontement entre l'homme et la machine. Cette semaine, un robot défie un joueur professionnel de Go.

Vingt ans presque jour pour jour après la première défaite du champion d'échecs russe Garry Kasparov contre l'ordinateur d'IBM Deep Blue, qui l'avait emporté haut la main au cours d'un match en 1997, l'exploit est colossal : un ordinateur mis au point par Google DeepMind, une entreprise britannique rachetée en 2014 par Google, a battu, pour la première fois, un joueur de go professionnel.

L'affrontement, détaillé dans un article publié dans la revue scientifique Nature du jeudi 28 janvier, opposait leur algorithme, AlphaGo, à l'actuel champion européen, Fan Hui. Ce dernier a été battu à plate couture, cinq victoires à zéro, lors d'un match organisé en octobre 2015 à Londres. Imbattable, ou presque, AlpgaGo n'a jusqu'à présent perdu qu'une partie sur 500 jouées contre les meilleurs programmes déjà sur le marché.

AlphaGo affrontera le champion du monde en mars

En mars prochain, AlphaGo affrontera le meilleur joueur du monde, le Sud-Coréen Lee Sedol. Mais l'issue de ce match "humain VS machine" est loin d’être certaine. "J’aurai le privilège d’affronter pour la première fois un ordinateur. J’ai entendu dire qu’AlphaGo est étonnamment fort et s’améliorera encore, mais je suis confiant que je pourrai gagner, au moins cette fois-ci", a déclaré Lee Sedol par l’entremise de la revue Nature .

Le jeu de go, vieux de trois mille ans et originaire de Chine, s'avère nettement plus complexe que les échecs. A tel point que les experts ne pensaient pas qu’une machine pouvait y surpasser l’homme avant une dizaine d’années. Les règles sont pourtant assez simples : deux joueurs s'affrontent dans le but de se partager un plateau de 19 lignes sur 19 en créant des territoires qu’ils délimitent grâce à des frontières formées de "pierres" noires et blanches.


La machine s'appuie sur ses propres erreurs

Jusqu’à présent, les programmes n’avaient battu les professionnels que dans des parties dites à handicap, avec quatre pierres d’avance. En cause, le grand nombre de combinaisons à explorer (10¹⁷⁰ contre environ 10¹²⁰ aux échecs). Ce qui explique que, même avec cet avantage, les ordinateurs n’ont jamais réussi à dépasser le niveau d’un joueur amateur avant 2006. Pour remédier à ce problème, les chercheurs ont intégré dans AlphaGo "30 millions de coups joués par des experts du Go".

Depuis, l'ordinateur est capable de prédire le jeu d’un humain avec une probabilité de 57%. En utilisant la technologie de l'apprentissage renforcé, la machine peut aussi jouer contre elle-même. En apprenant de ses erreurs... et de ses échecs, cette dernière parvient à trouver de nouvelles stratégies de jeu. De quoi en faire un adversaire redoutable.

Malheur au perdant ?

Lors de la conférence de presse organisée par Nature mardi 26 janvier, Demis Hassabis, fondateur de DeepMind, était peu disert sur les perspectives futures, évoquant de grands concepts tels que  "la modélisation climatique, le diagnostic médical ou d’autres jeux, comme le poker", relève le  site du quotidien Le Monde

Quant à l'inquiétante question de la soumission de l'homme par la machine, l’entrepreneur rappelle une chose essentielle: "Nos systèmes apprennent par eux-mêmes de l’expérience, mais c’est nous qui décidons de ce sur quoi ils apprennent (…) Ces technologies doivent bénéficier à tous. En outre, nous nous sommes mis d’accord avec Google pour qu’elles ne soient pas utilisées à des fins militaires." Derrière la machine, cherchez l'homme !

Score final ⇒ Humain 0 – 1 robot. Prochain match la semaine prochaine !

À LIRE AUSSI
>>  Ce robot peut résoudre un Rubik's Cube en moins de 2 secondes (et vous ?)
>>  Quand Atlas le robot humanoïde de Google joue les fées du logis
>>  Pourquoi les Marines ne veulent pas du chien-robot d'assaut de Google

Les tags

Et aussi

Sur le même sujet

À suivre

Rubriques