Prix de Diane : qui est Maryline Eon, la première femme jockey au départ de cette course mythique ?

TALENT - A 22 ans, Maryline Eon sera la première femme jockey au départ du Prix de Diane. Cette course prestigieuse, qui a lieu ce dimanche à Chantilly et qui symbolise le sommet de l’élégance, sacrera la meilleure pouliche de 3 ans. La jeune femme, dont le talent est reconnu, compte bien s’affirmer dans un milieu qui s’ouvre progressivement.

Si le Prix de Diane sera disputé pour la 168e fois dimanche à Chantilly, et à suivre sur LCI, jamais une femme ne l’aura remporté puisqu’aucune n’a eu la chance d’y participer. Maryline Eon, installée à Pouancé (Maine-et-Loire) entrera dans l’histoire des courses, en selle sur Yellow Storm. Entraînée par l’adroit Alain Couétil qui fait souvent appel à la jeune femme, la pouliche aura fort à faire pour titiller les grands noms européens. L’épreuve reine réservée aux pouliches sera restée masculine depuis 1843. Chez les entraîneurs, seules Christiane Head-Maarek (1982, 2000 et 2013) et Corinne Barbe (1995) figurent au palmarès.

Cravache d’Or féminine en 2016

L’émergence des femmes dans les courses hippiques est visible. Au galop, la discipline concernée par le Graal des pouliches, le premier tiercé remporté par une femme date de 1984. Darie Boutboul était alors un jockey en vogue mais critiquée par ces messieurs, soi-disant plus forts et plus aptes au métier. La première gagnante de course de groupe – le haut niveau – dans les courses plates est Amélie Foulon, dans le Grand Prix de Vichy en 2015 (Groupe III). Au trot, plusieurs femmes font leur trou à l’instar de Nathalie Henry qui a brillé au plus haut niveau dans les années 2000. 

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Prix de Diane 2017 : les enjeux

Maryline Eon n’est pas la première femme à disputer une course de très haut niveau (Groupe I). Le pendant du « Diane » au masculin, le Prix du Jockey-Club, a par exemple vu l’Irlandaise Caroline Lee s’aligner au départ en 1998. C’est une histoire de rencontres, de confiance et de talent. Maryline Eon rassemble ces qualités. Habituée à la Cravache d’Or – première en nombre de victoires – dans l’ouest dont elle est originaire, la jeune femme a brillé au niveau national en 2016 avec 24 victoires. Mieux, elle est passée professionnelle en août dernier alors qu’elle monte depuis 2011. Maryline Eon est 55e dans le classement mixte glané par Pierre-Charles Boudot (300 succès, un record) qu’elle retrouvera dimanche.

En Une du quotidien britannique spécialisé, le Racing Post, Maryline Eon a soulevé la misogynie française qui persiste même si elle tend à s’effacer. Invitée à réagir par Paris-Turf à l’avantage au poids (décharge) accordée aux femmes jockeys, elle y est plutôt défavorable et répond : "Une fille au niveau de la lutte n'aura jamais la même force mais elle peut avoir d'autres qualités, ce que recherchent certains entraîneurs. J'ai prouvé que j'étais capable de courir contre les hommes, avant cette mesure." 

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