A Cologne, après le Nouvel an, tout est fait pour assurer la sécurité du Carnaval

A Cologne, après le Nouvel an, tout est fait pour assurer la sécurité du Carnaval

ALLEMAGNE – Encore sous le choc des très nombreuses agressions à caractère sexuel qui ont perturbé le Nouvel an à Cologne, la ville s'apprête à fêter le Carnaval, l'une des traditions les plus populaires d'Allemagne. Pour l'occasion, la sécurité a été considérablement renforcée.

Un mois après les agressions qui se sont déroulées durant le Nouvel an à Cologne, la ville de l'ouest de l'Allemagne s'apprête à fêter le Carnaval. Une tradition, cette année, sous haute surveillance. Pas question en effet pour les autorités locales de prendre le risque de connaître la vague de plaintes, essentiellement déposées par des femmes victimes d'agressions, qui avaient été enregistrées à la suite du réveillon de la Saint-Sylvestre.

Plus d'un millier de plaintes - qui, selon la police, visaient, "en grande partie" des demandeurs d'asile ou immigrants originaires d'Afrique du Nord -, avaient en effet été enregistrées, dont de nombreuses pour des faits à caractère sexuel. Dans un contexte tendu autour de la menace terroriste et des événements du Nouvel an, 2.500 policiers vont être déployés pour assurer la sécurité des festivités, trois fois plus que l'an passé. La vidéo-surveillance va également être renforcée et des spots mobiles seront positionnés pour éclairer les coins sombres. En outre, plus de 800 bénévoles devraient épauler les forces de l'ordre pour s'assurer que le Carnaval se déroule dans les meilleures conditions. L'attention sera notamment portée sur la "Weiberfastnacht", le carnaval des femmes, invitées à couper les cravates des hommes en signe de dépossession du pouvoir, qui doit ouvrir jeudi six jours de festivités.

Une "épreuve de vérité"

"Nous chérissons notre liberté, la liberté d'opinion, et tout particulièrement la liberté des "Jecke" (les "fous" du carnaval en dialecte rhénan, ndlr)", a rappelé la chancelière Angela Merkel en prévision du plus important événement populaire d'Allemagne avec la Fête de la bière. De son côté, le directeur des services de la ville de Cologne, Guido Kahlen, a parlé d'une "épreuve de vérité". Pour lui, "nous devons démontrer que nous avons tiré les conséquences des événements".

Malgré l'encadrement exceptionnel prévu, les autorités ont tenu à communiquer auprès des participants du Carnaval. "Je déconseille instamment de se déguiser en djihadiste ou de porter des armes dont on ne pourrait pas reconnaître si elles sont vraies", a déclaré dans la presse locale le nouveau président de la police de Cologne, Jürgen Mathies, dont le prédécesseur a démissionné à la suite du Nouvel An. Mais les messages de prévention ne s'arrêtent pas là. Les autorités locales ont également édité des "flyers" en huit langues contenant le message suivant : "Il est important de savoir que 'Bützen', se donner une bise sur la joue, fait partie du carnaval", explique le texte, ajoutant: "Il faut l'accord de chacun pour aller plus loin. Si c'est NON c'est NON!".

A LIRE AUSSI
>>
Agressions sexuelles à Cologne : un premier suspect arrêté
>>
Cologne : les agressions sexuelles étaient-elles planifiées ?

Les tags

Et aussi

Sur le même sujet

À suivre

Rubriques