Les Allemands votent ce dimanche : tout savoir sur ces élections législatives

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RÉCAP - Alors que les regards sont braqués sur l’Allemagne où ont lieu ce dimanche les élections législatives, LCI vous donne les clés pour tout comprendre au scrutin.

Leur importance est au moins aussi forte que le suspense est faible. Alors qu’ont lieux ce dimanche les élections législatives en Allemagne, qui, d’après les dernières enquêtes d’opinion, s’annoncent pour le moins favorables à la chancelière Angela Merkel et à ses désirs de quatrième mandat (elle est en poste depuis 2005), tous les regards internationaux sont tournés vers Berlin. Fort de résultats économiques à faire pâlir d’envie les libéraux de tout grain, le pays fait plus que jamais figure de place forte dans le monde et, surtout, en Europe.

Une place forte qui sera attentivement observée et dont les résultats du vote, qui devraient tomber en début de soirée, seront minutieusement analysés. En attendant d’en connaître la teneur, voici tout ce qu’il faut savoir pour comprendre ces élections législatives allemandes. 

Deux voix par citoyen pour deux modes de scrutin

Complexe aux yeux des Français, le système électoral des législatives allemandes allie deux modes de scrutin : uninominal direct à un tour d’une part, proportionnel de l’autre. Chacun des 61,5 millions d'électeurs dispose ainsi de deux voix (voir l’exemple de bulletin ci-dessous) pour élire les députés du Bundestag, dont le seuil minimum a été fixé à 598. Avec leur première voix, les citoyens allemands choisissent d’abord un député pour chacune des 299 circonscriptions. Le candidat arrivé en tête sera directement élu même s’il n’atteint pas la barre des 50%. Avec leur seconde, les électeurs doivent ensuite se prononcer parmi une liste de partis, différente dans chacun des 16 Länder (Etats fédérés). C'est là qu'intervient le système proportionnel : chaque formation ayant recueilli au moins 5% des suffrages entre au Parlement via un système de rééquilibrage des résultats du vote direct. 

Prenons l’exemple de la Bavière, qui envoie au minimum 90 députés au Bundestag (45 élus directs et 45 élus sur listes). Si un parti a obtenu 40% des "secondes voix", il est donc assuré d’avoir 40% (36) des 90 sièges. Deux cas de figure se présentent alors : si ce parti a obtenu 30 mandats directs (sur 45), on complète avec 6 élus issus des listes ; s'il a en revanche obtenu 40 mandats directs, il conserve ses 4 élus supplémentaires, ce qui a pour conséquence mécanique d’augmenter le nombre final de siège au Parlement. La chambre issue de la 18e législature, élue en 2013, en comptait 630. 

Cinq partis sortants, 34 aspirants

Si les règles du jeu ne les favorisent pas in fine, de nombreux "petits" partis tentent l’aventure des législatives. Cette année, ils sont 34 au total. Outre les cinq formations de l’Assemblée sortante – la CDU au pouvoir et son allié bavarois de la CSU, le SPD, membre de la coalition gouvernementale, emmené par l'ancien président du Parlement européen Martin Schulz, les Verts et le parti de gauche Die Linke – qui devraient toutes réussir à se maintenir, certaines, à l’instar du parti eurosceptique Alternative für Deutschland (AfD) ou du parti libéral-démocrate FDP, espèrent bien gratter quelques sièges. 

Dix formations (en comptant comme une seule l’alliance CDU/CSU) se présentent dans l’ensemble des Länder. C’est à Berlin (24 listes différentes) que les électeurs auront le plus vaste choix, juste devant ceux de Rhénanie-du-Nord-Westphalie (23) et de Bade-Wurtenberg (21). À l’inverse, c’est en Schleswig-Holstein (12), en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale (13) – le Land d’élection d’Angela Merkel – et en Rhénanie-Palatinat (14) que les Allemands auront le moins d’options. 

Faire prospérer l'Allemagne, continuer à peser en Europe

Si la victoire  de l'actuelle chancelière ne fait (presque) aucun doute, reste à savoir quelle en sera l'ampleur. Aura-t-elle la majorité absolue ? Avec qui gouvernera-t-elle ? Arrivera-t-elle à contenir l'opposition ? "Mutti" ("Maman"), comme la surnomment affectueusement les Allemands, espère en tout cas avoir les coudées franches pour poursuivre son "oeuvre" ; continuer à faire prospérer les résultats économique des dernières années, tout en renforçant encore la stature internationale du pays, notamment au niveau continental, où la chancelière est absolument incontournable - Emmanuel Macron, qui entend "refonder" l'Europe, en sait quelque chose et attend avec impatience les résultats des élections. 

Son message est toujours le même : pourquoi prendre le risque de l’inédit alors que l’économie allemande est conquérante et que l’Allemagne est plus forte que jamais ?La fondation Robert Schuman

"Angela Merkel continue à recueillir la confiance de la grande majorité de ses compatriotes", note la fondation Robert Schuman. "Son message est toujours le même : pourquoi prendre le risque de l’inédit alors que l’économie allemande est conquérante et que l’Allemagne est plus forte que jamais, en Europe comme dans le monde ?" Pragmatique, simple et apaisante aux yeux de la plupart de ses administrés, Angela Merkel devrait faire dans la continuité en cas de nouveau mandat. Si l'issue du scutin le permet, elle devrait sans nul doute opter pour la reconduction de la grande coalition avec les sociaux-démocrates. À moins qu'elle ne décide de faire alliance avec le parti libéral FDP, en bonne voie de retour au Bundestag après en avoir été éjecté en 2013, et les Verts. Mais, au vu des sondages, ce scénario semble de plus en plus improbable. 

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