"Apocalypse Staline" : quelle est l'image du dictateur dans la Russie de Poutine ?

"Apocalypse Staline" : quelle est l'image du dictateur dans la Russie de Poutine ?

RUSSIE - A l'occasion de la diffusion ce mardi du documentaire "Apocalypse Staline" sur France 2, metronews s'est interrogé sur l'image que conserve aujourd'hui le dictateur de l'URSS dans l'esprit des Russes et de Vladimir Poutine.

France 2 diffuse ce mardi "Apocalypse Staline", dernier volet en date de la série de documentaires historiques colorisés qui a rencontré un grand succès à travers le monde. Après "la Seconde Guerre mondiale", "Hitler" et "la Première Guerre mondiale", c'est donc au "Petit père des peuples", artisan du bolchevisme, vainqueur d'Hitler, modernisateur de l'URSS et responsable de la mort de millions de ses compatriotes à travers les purges, la famine et le goulag que s'attaquent les réalisateurs Isabelle Clarke, Daniel Costelle.

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Que reste-t-il aujourd'hui de l'image du "vojd" (le guide) dans la Russie de Vladimir Poutine ? Selon un sondage paru en début d'année, une majorité de Russes (52%) juge positif son rôle dans l'histoire de leur pays, quand 45% estiment même que les purges, ainsi que la répression, pouvaient se justifier, rapporte l'enquête réalisée par le centre Levada pour le quotidien économique Vedomosti.

"Le stalinisme est lié au culte de la personnalité"

Signe possible d'un retour en grâce de Staline dans l'esprit russe, 60 ans après sa mort, 37% des personnes interrogées se disent en outre favorables à l’édification d'un monument à son effigie, alors qu'elles n'étaient encore que 24% en 2010. Rappelons qu'un autre sondage, datant de 2012, avait placé le dictateur, vainqueur de l'Allemagne nazie, en tête des plus grandes personnalités russes.

L'image et l'action du maître de l'URSS évoluerait-elle également dans l'esprit de Vladimir Poutine ? Quelques mois après sa réélection à la tête du pays, en 2012, pour un troisième mandat, le maître du Kremlin avait tenu lors de sa première séance de questions-réponses face à la population un discours de nette rupture avec le stalinisme : "Le stalinisme est lié au culte de la personnalité, aux violations massives de la légalité, aux répressions et aux camps. Il n’y a rien de tel en Russie", avait-il alors déclaré alors qu'il était interrogé par un journaliste qui s’inquiétait d’un retour à des pratiques staliniennes en Russie. "Mais cela ne signifie pas qu’il ne faut pas de l’ordre et de la discipline", avait-il ajouté.

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Une autorité à laquelle est régulièrement assimilé le président russe et qu'il n'a pas manqué de vanter il y a tout juste un an, alors que l'on commémorait le 70e anniversaire de la fin de la Seconde guerre mondiale, quitte à légitimer la tactique sanglante de Staline face à l'armée allemande. "Il est difficile de dire si nous aurions pu gagner la guerre si le pouvoir n’avait pas été aussi implacable". "Et si nous avions perdu, quelles en auraient été les conséquences ? Catastrophiques !", affirmait ainsi Vladimir Poutine face à des universitaires et des professeurs d’histoire dans un musée d’Histoire à Moscou.

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