Après le putsch manqué, la grande purge se poursuit en Turquie

Après le putsch manqué, la grande purge se poursuit en Turquie

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TURQUIE – La purge de l'appareil d'Etat se poursuivait lundi en Turquie après l'échec du coup d'Etat mené par des militaires. Plus de 7500 personnes ont été placées en garde à vue et 9000 fonctionnaires limogés.

Près de trois jours après le coup d'Etat manqué contre le pouvoir du président turc Recep Tayyip Erdogan, les perquisitions et arrestations se poursuivent notamment dans les rangs de l'armée. Ce lundi, des procureurs et des policiers ont investi la base aérienne d'Incirlik (sud de la Turquie), utilisée par la coalition antijihadiste menée par les Etats-Unis.

En tout, plus de 7500 personnes ont été placées en garde à vue dans le cadre de l'enquête sur ce coup d'Etat raté, a indiqué lundi le Premier ministre Binali Yildirim. Parmi eux, plus de 6000 militaires, 755 magistrats et 100 policiers. Le chef du gouvernement turc a également fait état de 208 "martyrs", portant le bilan total de la nuit de vendredi à samedi dernier à 308 morts. Parmi les hauts responsables arrêtés se trouve le général Mehmet Disli, qui a mené la prise d'otage du chef d'état-major Hulusi Akar, ainsi que l'ancien chef de l'armée de l'air, le général Akin Oztürk, soupçonné d'être l'un des meneurs de la tentative de putsch.

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Limogeage en cascade

Outre les arrestations menées en cascade ces dernières heures, plus de 9000 fonctionnaires du ministère de l'Intérieur ont été limogés. Il s'agit en majorité de policiers et gendarmes, selon l'agence de presse pro-gouvernementale Andolu. Un gouverneur de province, et 29 gouverneurs de municipalités, ont aussi été mis à pied. L'élimination du "virus" factieux, selon l'expression employée par Recep Tayyip Erdogan, a également donné lieu à une descente des unités de la police antiterroriste à la prestigieuse académie de l'armée de l'air d'Istanbul.

C'est donc bien à une véritable purge au sein de l'appareil d'Etat à laquelle les Turcs assistent actuellement. Celle-ci vise principalement les personnes soupçonnées de liens avec le prédicateur exilé aux Etats-Unis Fethullah Gülen, accusé par le président Erdogan d'avoir fomenté cette tentative de putsch, ce que ce dernier a formellement démenti.

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Enfin, les huit militaires qui ont fui la Turquie en hélicoptère après l'échec du coup d'Etat vont être jugés ce jeudi en comparution immédiate pour entrée illégale en Grèce et violation de son espace aérien, a indiqué une source judiciaire grecque. Ces derniers avaient adressé un message de détresse aux autorités aéroportuaires de la ville de d'Alexandroupolis, située à 300 km d'Istanbul et avaient été arrêtés à l'atterrissage de l'appareil.
 

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