Arabie Saoudite : un poète condamné à mort pour avoir renoncé à l'islam

Arabie Saoudite : un poète condamné à mort pour avoir renoncé à l'islam

MOBILISATION - Ashraf Fayadh, un poète palestinien de 35 ans, a été récemment condamné à mort pour apostasie par la justice saoudienne. A l'instar de Baqer al-Nimr, étudiant de 26 ans, également condamné à mort par le royaume, une campagne de soutiens a été lancée pour sauver le condamné.

Condamné à mort pour avoir renoncé à la religion musulmane. Selon l'organisation de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch (HRW), un poète palestinien a été condamné à mort en Arabie Saoudite pour avoir tenu des propos blasphématoires lors d'une discussion de groupe, ainsi que dans un recueil de poèmes. Une condamnation pour apostasie "assez rare" en Arabie Saoudite, a précisé Adam Coogle, responsable du Moyen-Orient pour l'ONG.

L'accusé, Ashraf Fayadh, âgé de 35 ans, plaide son innocence et affirme qu'un homme a porté de fausses accusations à son encontre auprès de la police religieuse saoudienne. Le royaume applique une version rigoriste de la charia qui, entre autres choses, punit de mort les crimes (meurtre, viol, trafic de drogue), mais aussi le fait de renier la religion musulmane.

"Je n'ai cependant rien fait pour mériter la mort"

Ce Palestinien avait déjà été condamné, en 2014, à quatre ans de prison et 800 coups de fouet en première instance, suite à une plainte provenant d'un groupe de discussion culturel dans un café d'Abha (sud-ouest). Lors de ce procès, l'accusé s'était notamment défendu d'avoir écrit, il y a 10 ans, un recueil de poèmes "blasphématoires", comme dénonce un religieux saoudien. Cependant il s'était excusé pour ses écrits, évitant ainsi la peine de mort. Mais le procureur a fait appel du jugement. Le 17 novembre dernier, estimant que "le repentir, c'est pour Dieu", rapporte HRW , le tribunal de seconde instance a alors condamné Ashraf Fayadh à la peine capitale.

Interrogé par le quotidien anglais The Guardian, le poète s'est dit "choqué", "mais c'était attendu, a-t-il poursuivi. Je n'ai cependant rien fait pour mériter la mort". De son côté, une activiste koweitienne, Mona Kareem, citée par le journal britannique - qui mène une campagne de soutien pour le poète -, a indiqué que l'accusé n'avait pas pu nommer un avocat car ses papiers d'identité lui avaient été confisqués au moment de son arrestation. "Le nouveau juge n'a même pas parlé avec lui, il s'est contenté de prononcer le verdict", a-t-elle encore précisé. Sur la plate-forme spécialisée change.org , une pétition pour "sauver le poète Ashraf Fayad" a déjà récolté plus de 11.000 signatures.

Le cas d'Ashraf Fayad intervient quelques semaines après celui d'un autre condamné à mort qui a également suscité une importante mobilisation internationale. En août dernier, la condamnation à la peine capitale d'un étudiant de 26 ans, Baqer al-Nimr , a été confirmée par la justice saoudienne. Celle-ci a été prononcée suite à la participation du jeune homme à des manifestations contre le gouvernement en 2012 et à des aveux extorqués sous la contrainte pour des faits de détention d'arme à feu et vol à main armée. Il est toujours en attente de la sentence à laquelle il a été condamné.

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