Attentat contre des civils évacués en Syrie : les kamikazes étaient déguisés en humanitaires

Attentat contre des civils évacués en Syrie : les kamikazes étaient déguisés en humanitaires

Le drame d'Alep

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TERRORISME - Les auteurs de l'attentat meurtrier qui a fait près de 130 morts, dont la moitié d'enfants, samedi dans le nord-ouest de la Syrie, étaient déguisés en humanitaires, ont affirmé jeudi des responsables de l'ONU.

Cinq jours après l’attentat à la voiture piégée qui a tué près de 130 personnes en Syrie, le procédé utilisé par ses auteurs se précise. Selon des responsables de l’ONU, les kamikazes étaient déguisés en humanitaires. Leur objectif ? Approcher ainsi les enfants, nombreux au sein des civils qui évacuaient des localités pro-régime.


Selon des témoins de l'attentat, un véhicule qui distribuait des sachets de chips aux enfants a explosé à proximité des autocars transportant les évacués. Au total, 68 mineurs ont été tués. "Quelqu'un prétendant distribuer de l'aide et attirant les enfants a provoqué cette horrible explosion", a déclaré jeudi l'envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, lors d'un point de presse à Genève.

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Des dizaines d'enfants morts dans l'attentat de samedi en Syrie

L'attentat pas encore revendiqué

Jan Egeland, qui dirige à l'ONU le groupe de travail sur l'aide humanitaire en Syrie, a lui aussi déclaré que le ou les auteurs s'étaient fait passer pour des travailleurs humanitaires. "Nous ne savons pas qui ils étaient. Ce que nous savons, c'est qu'ils étaient déguisés en humanitaires", a-t-il affirmé devant les journalistes.


Aucun groupe n'a pour l'instant revendiqué ce carnage survenu lors d'une opération d'évacuation de civils de Foua et Kafraya, deux localités fidèles au régime de Damas et assiégées depuis deux ans par les rebelles. Le gouvernement syrien a accusé les rebelles, qui ont rejeté toute responsabilité et condamné l'attentat.


En vertu d'un accord conclu entre le Qatar, soutien de la rébellion, et l'Iran, allié du régime, la population de Madaya et Zabadani, deux localités rebelles assiégées par l'armée de Damas, et les habitants de Foua et Kafraya, assiégés par les rebelles, doivent être évacués en plusieurs phases.  Des évacuations qui ont repris mercredi puisqu’une cinquantaine de bus transportant 3.000 personnes sont partis de Foua et Kafraya. Par crainte d'un nouvel attentat, les opérations se sont déroulées sous haute surveillance : plusieurs dizaines de rebelles armés gardaient les cars stationnés à Rachidine. Ces véhicules ont été disposés en demi-cercle afin de limiter les risques d'attaque. Une deuxième phase doit intervenir en juin, selon les termes de l'accord, qui prévoit l'évacuation totale de 30.000 personnes.

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