Attentats de Bruxelles : comment l'extrême droite a-t-elle pu perturber le rassemblement pacifique ?

Attentats de Bruxelles : comment l'extrême droite a-t-elle pu perturber le rassemblement pacifique ?

SCANDALE - L'irruption, dimanche, de militants d'extrême droite, place de la Bourse, dans le rassemblement pacifique en hommage aux victimes des attentats de Bruxelles, provoque une forte émotion en Belgique. Que s'est-il réellement passé ? Eléments de réponse.

Que s'est-il passé samedi à Bruxelles pendant l'hommage rendu aux victimes des attentats ? Alors que de nombreux citoyens se recueillaient dans le calme place de la Bourse face au mémorial qui avait été spontanément érigé, des centaines de militants d'extrême droite, qui se sont présentés eux-mêmes comme des "hooligans", ont pris d'assaut ce rassemblement pacifique, en scandant des slogans racistes et nationalistes. En trois questions, metronews revient sur cette irruption qui a choqué.

 Qui sont les manifestants qui ont envahi la place ? 
Ceux qui se sont présentés eux-mêmes comme des "hooligans" se sont rassemblés dans un premier temps sous la bannière du football. Selon plusieurs témoignages dans leurs rangs, ils sont tous des fans de clubs de foot de la capitale belge ou de ses environs. Selon un témoignage recueilli par Le Monde , plusieurs supporters ont quitté le cortège quand ils ont découvert la teneur des slogans criés.

Comment sont-ils venus à Bruxelles ? 
Sur ce point, c'est le bourgmestre de Vilvorde, ville frontalière de Bruxelles, qui apporte la réponse. C'est de sa commune que sont partis les 450 militants qui ont perturbé l'hommage. Cité par Le Soir, Hans Bonte a déclaré qu'il avait autorisé ces manifestants à embarquer pour Bruxelles "pour éviter de les énerver". Les 450 perturbateurs sont alors descendus en gare du Nord avant de rejoindre la place de la Bourse à pied.

 Quelle est la responsabilité de la police ?
La question est sur toutes les lèvres en Belgique. Comment, alors qu'une manifestation pacifique avait été interdite pour des raisons de sécurité, 450 personnes ont-elles pu accéder à la place de la Bourse, située en plein centre de Bruxelles ? Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, la police bruxelloise aurait accompagné le cortège depuis la gare du Nord jusqu'à la place de la Bourse. Une démarche qui indigne : "On a annulé la marche contre la peur et eux, on les a laissé passer. Il y a quand même quelqu’un qui savait qu’ils allaient venir. On nous demande de rentrer et eux, on leur laisse la place", s'est emportée une jeune femme interrogée par RTL Belgique .

"Nous avons été prévenus hier par la sûreté de leur venue possible et je constate que rien n’a été fait pour les empêcher de s’y rendre", a déclaré de son côté le maire de Bruxelles, Yvan Mayeur. Le ministère de l'Intérieur belge a-t-il failli ? C'est en tout cas ce que reproche l'édile au ministre de tutelle, Jan Jambon, arguant que ni la police de Vilvorde, ni la police ferroviaire, ni la police belge, n'ont agi pour empêcher l'arrivée des militants d'extrême droite sur place.

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