Brésil : Lula suspendu du gouvernement par un juge sur fond de manifestations

Brésil : Lula suspendu du gouvernement par un juge sur fond de manifestations

GUÉRILLA JUDICIAIRE – L'ex-président brésilien Lula, tête d’affiche ce vendredi de manifestations de la gauche contre le "coup d’Etat" visant la présidente Dilma Rousseff, a été suspendu du gouvernement par un juge de la plus haute instance judiciaire du Brésil.

L’ex-président brésilien poursuit sa descente aux enfers. Un juge de la plus haute instance judiciaire a a suspendu vendredi 18 mars l'entrée de Lula au gouvernement de Dilma Rousseff. Le juge en question, Gilmar Mendes, a ordonné que l'enquête pour corruption à l'encontre de l'ancien chef de l'Etat soit menée par la justice ordinaire. En cause : elle soupçonne Lula de "corruption" et "blanchiment d'argent" dans le cadre du scandale Petrobras.

S'il devenait ministre, Lula bénéficierait d'un statut protégé et pourrait échapper à la justice ordinaire pour ne plus répondre de ses actes que devant le Tribunal suprême fédéral (STF). Dans sa décision, le juge a vertement critiqué l'entrée jeudi 17 mars de l'icône de la gauche au gouvernement, la qualifiant "d'obstruction des mesures judiciaires", qui "pourrait constituer une fraude à la Constitution". Cette décision devra être confirmée par la majorité des juges, à une date encore inconnue. D'ici là, elle empêche Lula d'exercer ses fonctions de chef de cabinet de la présidente Dilma Rousseff.

"Nous n’allons pas accepter un coup d’Etat"

Cette décision met fin à la guérilla judiciaire menée dans la plus totale confusion par des juges et tribunaux de rang inférieur en faveur ou non de la prise de fonction de Lula. Ce nouveau rebondissement judiciaire survient au terme d'une grande journée de mobilisation de la gauche brésilienne, avec Lula en tête d'affiche à Sao Paulo (sud-est). L’ex-président en a profité pour dénoncer les attaques contre la gauche, en prévenant : "Nous n’allons pas accepter un coup d’Etat".

Les manifestations de la gauche brésilienne ont rassemblé 267.000 personnes dans 55 villes du pays, selon des estimations de la police. Leur revendication ? Dénoncer le "coup d’Etat" qui se trame contre la présidente Dilma Rousseff. Les organisateurs ont de leur côté affirmé avoir mobilisé 1,2 millions de sympathisants, cinq jours après les manifestations monstres de l’opposition réclamant le départ de la présidente. Trois millions de Brésiliens notamment avaient défilé, dimanche 13 mars.

EN SAVOIR + >>  Brésil : tout comprendre au scandale de corruption qui ébranle le pouvoir

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