Brexit : le Royaume-Uni va-t-il vraiment quitter l’UE ?

Brexit : le Royaume-Uni va-t-il vraiment quitter l’UE ?

INCERTITUDES – Le Royaume-Uni a assuré jeudi par la voix de Boris Johnson vouloir lancer le processus de sortie de l’UE au début de l’année 2017. Faut-il croire le fantasque ministre des Affaires étrangères ? Rien n’est moins sûr.

"Nous discutons avec nos amis et partenaires européens dans l'objectif d'envoyer la lettre de l'article 50 au début de l'année prochaine." Par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Boris Johnson, le Royaume-Uni a annoncé jeudi vouloir lancer le processus de sortie de l’Union européenne (UE) – par l’activation du précité article 50 – dans les premiers mois de 2017. 


Faut-il croire le fantasque et versatile ancien maire de Londres ?  Rien n’est moins sûr. Censées durer deux ans, les discussions entre les Britanniques et leurs 27 "futurs ex-partenaires" européens sur les conditions du Brexit sont loin d’être claires et fixées. 

Un processus déjà repoussé

Si Boris Johnson a assuré que le Royaume-Uni lancerait prochainement le processus de sortie de l’UE, Londres ne semble toutefois pas pressée. Jusqu’ici, la Première ministre Theresa May était restée plutôt vague, se bornant à répéter que son pays ne déclencherait pas l’article 50 "avant la fin de l’année". 


Les propos du truculent chef de la diplomatie britannique, prononcés jeudi depuis New York où il assistait à l’Assemblée générale de l’ONU, ne fixent d’ailleurs toujours pas de date précise. Cette situation entretient le flou. 


Certains médias d’outre-Manche ont même avancé la possibilité que le gouvernement May attende les résultats de l'élection présidentielle en France, en mai 2017, voire les prochaines législatives allemandes, prévues en octobre 2017.

L’envie d’un statut spécial

Peu clair sur l’échéance, le Royaume-Uni ne l’est pas plus au sujet des contours du Brexit. Et pour cause : le pays espère ardemment obtenir un statut spécial et sur mesure. Souhaitant conserver leur accès au marché unique, les Britanniques veulent en revanche être totalement libres de leur politique migratoire. 


C’est justement là où le bât blesse. Theresa May souhaite obtenir "le meilleur accord pour le commerce, les biens et services avec l'UE", mais Bruxelles a exclu un accès total au marché unique si Londres refuse la liberté de circulation des habitants de l'UE. 


Une autre question est posée : celle des 3,3 millions de citoyens européens travaillant outre-Manche. Si elle "pense être en mesure" de garantir leur présence, la Première ministre explique que cela dépendra de la façon dont ses propres concitoyens vivant dans l’UE – 1,3 millions de personnes, surtout des retraités en France et en Espagne – seront traités. 

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Des discussions annexes tous azimuts

Une fois parti, le Royaume-Uni devra également développer ses propres accords commerciaux avec des pays clés. Une compétence qui est pour l’heure du ressort de la Commission européenne. Theresa May a déclaré avoir déjà entamé des discussions avec l'Australie, l'Inde, le Mexique, Singapour et la Corée du Sud.


La cheffe du gouvernement doit aussi négocier avec l’Ecosse. Dans les heures suivant les résultats du vote sur le Brexit, son homologue Nicola Sturgeon avait en effet prévenu qu'un nouveau référendum sur l'indépendance de l'Ecosse était "sur la table". Car, si le Royaume-Uni a voté à 52% pour sortir de l'UE, l'Ecosse a elle voté à 62% pour y rester. Le gouvernement May a décidément beaucoup de pain sur la planche. 

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