Canada : Justin Trudeau fâche les écologistes en donnant son feu vert à deux projets polémiques de pipelines

Canada : Justin Trudeau fâche les écologistes en donnant son feu vert à deux projets polémiques de pipelines

ROI DU PÉTROLE - Le premier ministre canadien, Justin Trudeau, a donné son autorisation, ce mardi, au projet Trans Mountain et à l’élargissement de la Ligne 3, deux projets de pipelines destinés à l’exportation des sables bitumeux. Une décision qui suscite de nombreuses réserves.

"Avec cette annonce, le premier ministre Trudeau a rompu ses engagements climatiques et envers les droits des peuples autochtones, en plus de déclarer la guerre à la Colombie-Britannique. Si le premier ministre Trudeau voulait voir des manifestations semblables à celles du Standing Rock (référence au chantier controversé d'un oléoduc dans le Dakota du Nord aux Etats-Unis, ndlr) arriver au Canada, il a réussi", s'est indigné Patrick Bonin, porte parole de Greenpeace Canada, interrogé par Metro (Quebec). 


En cause ? La décision du chef du gouvernement canadien, annoncée mardi 29 novembre, d'approuver deux importants projets de pipelines destinés à l’exportation de sable bitumeux. La capacité de l'oléoduc Trans Mountain va être portée de 300.000 à 890.000 barils par jour (BPJ), et celle de Canalisation 3 de 390.000 à 760.000 barils par jour. 

En revanche, Justin Trudeau a mis son veto au projet Northern Gategay de la société Enbridge, en invoquant la protection de l'environnement et la forêt humide de la Colombie-Britannique (côte Ouest du Canada). Cet oléoduc de 1.200 km aurait traversé le parc naturel protégé de la forêt pluviale du Grand Ours. 

La remise en cause des Accords de Paris ?

Le nouveau pipeline Trans Mountain devrait relier l’Alberta à la côte ouest canadienne. Il permettra de faire passer la capacité quotidienne d’un réseau existant de transport de pétrole de 300.000 à 890.000 barils, relate le site quebecois, Ledevoir. Évalué à 6,8 milliards de dollars (6.4 milliards d'euros), le projet doit créer 15.000 emplois, détaille le Journal de Montréal. Face à la fronde, le Premier ministre a reconnu qu'il était "impossible de faire l’unanimité" sur un tel projet, mais a soutenu qu'il s'agissait de "l'interêt du pays". 

Aujourd’hui, les oléoducs du Canada sont utilisés à pleine capacité. Cela veut dire que si la production augmente de façon significative, nous serons forcés de trouver d’autres moyens d’acheminer le pétrole (qui) sont moins sûrs que les oléoducs. Justin Trudeau

Pour Thomas Mulcair, le leader du parti démocratique canadien, la construction de nouveaux pipelines remettra en cause les objectifs de réduction des gaz à effet de serre prévus par l’Accord de Paris sur les changements climatiques. "Aujourd’hui, le gouvernement Trudeau aurait pu annoncer tout simplement qu’il se retirait de l’accord de Paris sur le climat", a ajouté Aurore Fauret, coordonnatrice de la campagne sables bitumineux de l’organisme 350.org, interrogée par Metro. Le Canada doit réduire ses émissions de 217 millions de tonnes de GES d’ici 2030 pour respecter la cible de réduction de 30 %.

 

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