Champs-Elysées : ce que l'on sait d'Amaq, l'organe de propagande de Daech qui a très vite revendiqué l'attentat

Champs-Elysées : ce que l'on sait d'Amaq, l'organe de propagande de Daech qui a très vite revendiqué l'attentat

PROPAGANDE - L'attentat qui s'est déroulé jeudi soir dans le centre de Paris a rapidement été revendiqué pour le compte du groupe Etat islamique par Amaq. Un "média" rattaché au groupe terroriste et qui cultive l'apparence d'une véritable agence de presse depuis 2014.

"L'auteur de l'attaque des Champs-Elysées dans le centre de Paris est Abu Yussef le Belge, et c'est un des combattants de l'Etat islamique". C’est en ces mots que l’attentat qui s’est déroulé jeudi soir sur les Champs-Elysées a été très rapdement revendiqué par le groupe Etat islamique, via Amaq. L’organe de propagande a en effet publié un communiqué, comme cela fut plusieurs fois le cas par le passé quand la France a été touchée par le terrorisme.


En apparence, Amaq News Agency utilise tous les codes d'une véritable agence de presse. Par exemple, l'utilisation du terme "breaking" pour une information de dernière minute ou "exclusive". En outre, elle cite ses soi-disant sources ("source sécuritaire", "source interne à l'Etat islamique") et diffuse ses informations en plusieurs langues (anglais, français, arabe, russe, allemand…). "Ils se comportent comme un média d'Etat. L'Etat islamique se considère comme un Etat, et un Etat doit avoir son propre média", notait en 2016 dans le New York Times Rita Katz, directeur de SITE, un site qui observe la propagande islamiste sur Internet.

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"Outil de propagande"

Dans les faits, Amaq est surtout et avant tout un organe de propagande au service du groupe terroriste. Selon le spécialiste de l’Etat islamique Romain Caillet, cette agence serait née en 2014 lors de la bataille de Kobané. Il faudra cependant attendre décembre 2015 et la tuerie de San Bernardino pour que l’organe se fasse une renommée en annonçant le lien entre ce drame et Daech. Depuis, Amaq continue de servir les intérêts des terroristes, tout en utilisant des codes "factuelles", par exemple en parlant de "combattants de l’Etat islamique" plutôt que de "soldat du Califat". 


"Ce n’est évidemment pas une agence de presse au sens traditionnel, même si elle fait tout pour s’en donner l’apparence, il s’agit d’un outil de propagande de l’Etat islamique qui parfois sert de pré-revendication", a souligné le journaliste américain Bob Woodward sur le site decryptnewsonline. Pour assurer sa propagande, le groupe peut aussi compter sur une radio, un mensuel diffusé en plusieurs langues, Dabiq, et de nombreux comptes Twitter, Facebook et Telegram chargés de faire connaître ses actions.

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