Climat : quelles sont les conditions pour que la COP 21 soit une réussite (ou un échec) ?

Climat : quelles sont les conditions pour que la COP 21 soit une réussite (ou un échec) ?

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ENVIRONNEMENT - En 2009, à Copenhague, les négociateurs internationaux n’étaient pas parvenus à un accord pour enrayer le dérèglement climatique dont les effets se font déjà sentir. Début décembre, pour que la conférence sur le climat de Paris soit une réussite, la signature d’"un accord ambitieux" qui concerne tous les pays du globe est primordiale. Mais pas seulement.

La conférence internationale sur le climat (COP 21) est-elle vouée à faire pschitt, comme la COP 15 de Copenhague en 2009 où les pays n’étaient pas parvenus à un accord pour enrayer le changement climatique ? C’est en tout cas une des craintes exprimées par les observateurs à un mois du sommet environnemental alors que les prévisions des scientifiques du Giec sur la hausse des températures planétaires sont de plus en plus alarmantes.

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En fin de semaine dernière, le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, futur président de la Cop 21 a d’ailleurs de nouveau appelé à éviter le "syndrome de Copenhague". Mais comment jauger la réussite de cet événement déterminant pour les décennies à venir ?

Un accord "ambitieux", mais pas "à n’importe quel prix"

Pour les acteurs des négociations, le succès de cette 21 e COP repose d’abord sur la nature de l’accord qui sera signé pour limiter la hausse des températures planétaires à 2°C par rapport à 1880 avant la fin du siècle. Les négociations autour de la COP 21 doivent en effet aboutir à un texte "ambitieux" - comme le souhaite François Hollande -, universel et contraignant, c’est-à-dire applicable par tous les pays du globe sans exception, avec des propositions chiffrées suffisantes pour réduire au maximum les émissions de gaz à effet de serre (GES) responsables du réchauffement climatique - ce dont on est encore malheureusement loin.

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Mais l’accord doit aussi prévoir le financement consensuel de tous ces engagements, en particulier pour les pays les plus vulnérables, déjà atteints par le dérèglement du climat comme la montée du niveau des océans ou la recrudescence des sécheresses. Et cette question cristallise les tensions entre les pays développés et les pays en développement, qui, s’ils n’arrivaient pas à s’entendre, pourraient faire capoter les chances d’un accord historique sur le climat. "Il ne faut pas être obsédé par le résultat d'avoir un accord à n'importe quel prix, mais par le fait d'avoir un accord qui va faire quelque chose", estimait à ce propos il y a quelques mois Laurence Tubiana, l’ambassadrice française pour le climat, dans une interview au JDD .

Accélérer la mobilisation de la société civile

En revanche, pour les responsables des ONG environnementales, le succès du sommet onusien sur le climat ne dépend pas uniquement du texte - et de son contenu -, encore jugé insuffisant, voire "déconnecté de la vraie vie". "Même l’accord idéal peut ne jamais être mis en application", soulève Alix Mazounie, responsable des politiques internationales du Réseau Action Climat (RAC) contactée par Metronews.

Et c’est plutôt l’ampleur de la mobilisation en France et dans le monde qui est déterminante. "La COP 21 a la possibilité d’accélérer ce qui se passe dans la vraie vie, commente Jean-François Julliard, directeur de Greenpeace France. Il y a de plus en plus d’initiatives locales dans de nombreux pays, de la part des villes [ndlr, Oslo, la capitale norvégienne a annoncé mardi 20 octobre vouloir mettre fin à la voiture dans son centre ville d’ici 2019 ] ou des entreprises, pour lutter contre le dérèglement climatique". Et le militant associatif de conclure: "On jugera l’efficacité de la COP 21 en fonction de sa prise en compte du dynamisme de la mobilisation de la société civile."

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