Cologne : les agressions sexuelles étaient-elles planifiées ?

Cologne : les agressions sexuelles étaient-elles planifiées ?

ALLEMAGNE - Selon le ministre de la Justice, les violences sans précédent contre des femmes à Cologne le soir du Nouvel An ont très vraisemblablement été coordonnées et planifiées. Le scénario du pire pour Angela Merkel, qui se voit contrainte de restreindre un peu plus sa politique d'ouverture à l'égard des réfugiés face à l'émoi provoqué par cette affaire.

Une flambée de violences coordonnées et planifiées. C’est le scénario avancé ce dimanche par Heiko Maas, le ministre alemand de la Justice, après les agressions contre des femmes qui ont émaillé la Saint-Sylvestre. Des actes qui ont profondément choqué le peuple allemand, qui demande désormais des comptes à la chancelière Angela Merkel.

"Quand une telle horde se rassemble pour enfreindre la loi, cela paraît sous une forme ou une autre planifié. Personne ne me fera croire que cela n'a pas été coordonné ou préparé", a déclaré ce ministre social-démocrate à l'édition dominicale du quotidien Bild. "Nous devons urgemment clarifier comment on a pu en arriver à de tels actes", a souligné le ministre, concernant le lourd bilan de la soirée : quelque 379 plaintes ont en effet été déposées à ce jour au sujet des violences dans la ville, dont 40% pour agressions sexuelles, selon la police. Un bilan plus lourd que celui révélé en début de semaine.

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La politique de Merkel décriée

Cette nuit là, des dizaines d'hommes agissant en bandes s'en étaient pris à des femmes en plein centre-ville, au milieu d'une foule masculine estimée au total à un millier de personnes. Gare à l’amalgame, prévient le ministre, quant bien même des demandeurs d'asile sont suspectés par la police. "Il est hasardeux de faire un lien entre l'origine d'une personne et sa propension à enfreindre la loi", a-t-il dit car les statistiques montrent que les réfugiés "commettent en proportion autant de délits que les Allemands".

Quoi qu'il en soit, l'ampleur des agressions à Cologne contraint la chancelière allemande à infléchir le cours de sa politique d'ouverture aux réfugiés, de plus en plus décriée dans l'opinion. Samedi, Angela Merkel s’est montré menaçante : "si les réfugiés ont commis un délit", cela doit "avoir des conséquences, (...) cela veut dire que le droit (de séjour) doit s'arrêter" et ce "s'il y a une peine de réclusion, même avec sursis". Une fermeté destinée à calmer les esprits dans un pays où ils s’échauffent dangereusement : A Cologne, environ 1.700 personnes ont défilé samedi sous des pancartes "Merkel dehors !". Le cortège a été dispersé à coups de canons à eau et de gaz lacrymogène par les forces de l'ordre, cibles de jets de bouteilles et de pétards en fin de parcours.

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