Colombie : l'accord de paix entre les Farc et le gouvernement validé par le Congrès

PAIX ACTE II – Une semaine après la signature du nouvel accord de paix entre les Farc et le président colombien, ce dernier a été validé par le Congrès, près de deux mois après son rejet par voie référendaire.

L'accord signé entre le président colombienJuan Manuel Santos et le chef des Farc, Rodrigo Londono, dit Timochenko, a été ratifié par les deux chambres du Parlement colombien, le Sénat et la Chambre des députés, mercredi 30 novembre, confirmant la signature actée le 12 novembre après six semaines de renégociations. Un accord accepté à l'unanimité, du fait du départ des conservateurs, menés par l'ancien président Uribe, qui n'ont pas voulu participer au vote.

Pas de changement fondamentaux

Le précédent pacte négocié entre les Farc et le gouvernement avait été rejeté par le peuple lors du référendum du 2 octobre dernier. Pourtant, cet accord, signé en grande pompe le 26 septembre après quatre ans de dures négociations, avait été jugé historique aussi bien par les parties impliquées que par la communauté internationale. 


Le rejet du peuple avait entraîné quelques interrogations quant au processus de paix engagé avec les guérilleros. Juan Manuel Santos ayant déjà estimé que l’accord en question était le "meilleur accord possible". Depuis le 22 octobre, de nouvelles négociations tentaient donc de préparer un nouveau traité depuis La Havane.

... et pas de nouveau référendum

Afin d'assurer la bonne conduite du processus de paix, Cuba et la Norvège ont été choisis comme pays garants. Le traité initial prévoyait que les Farc déposent leurs armes et deviennent un parti politique dit "classique". Cependant, le camp du "non" en Colombie, mené par l'ancien président Alvaro Uribe, souhaitait de plus dures sanctions envers les anciens guérilleros. Deux dispositions sont au coeur des critiques : la possibilité offerte aux anciens rebelles d'exercer des fonctions publiques (donc d'être élus) et l'abandon des poursuites pour des crimes commis dans le cadre de la guérilla.


 Le conflit entre les Farc et le gouvernement colombien est un sujet sensible dans le pays, les affrontements durant depuis 52 ans, ce qui en fait le plus ancien conflit armé d'Amérique Latine. Afin d'éviter de s'attirer de nouveau les foudres de la population, qui ne sera pas consultée cette fois-ci, les deux parties ont donc modifié 56 des 57 propositions prévues dans le texte initial, a indiqué Juan Manuel Santos. Cependant, aucun changement fondamental n'y a été apporté.


"Avec la signature aujourd'hui de l'accord final, l'espérance de paix prend vie", a affirmé Ivan Marquez, chef négociateur de la guérilla marxiste des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), qui via Twitter, a appelé tous les Colombiens à travailler à cette "oeuvre de reconstruction".

L'accord doit être ratifié par le Congrès

Les parlementaires devraient débattre à partir de mardi de l'accord, qui prévoit désormais un inventaire des biens des Farc pour dédommager les victimes et pose des limites à la justice transitionnelle, ce que l'opposition juge insuffisant. Puis le Congrès devra le ratifier, avant de légiférer sur sa mise en application.


Le président du Sénat, Mauricio Lizcano, a espéré qu'"un ou deux jours puissent suffire (...) pour un débat ouvert, tranquille" retransmis à la télévision et ouvert au public, y compris à ceux qui ont voté "non" lors du référendum du 2 octobre. La ratification par le Congrès a été critiquée notamment par le parti de droite d'Alvaro Uribe, prédécesseur de M. Santos et actuel sénateur, qui a dénoncé un "coup contre la démocratie", estimant que l'exécutif "ne tient pas compte du triomphe du "non"" au référendum.

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