Comprendre la crise au Proche-Orient : l'assassinat de Rabin, "soldat de la paix"

Comprendre la crise au Proche-Orient : l'assassinat de Rabin, "soldat de la paix"

DECRYPTAGE - Israël n'avait plus connu de tel rassemblement de gauche depuis longtemps. Samedi soir, ils étaient des dizaines de milliers à se masser sur la place des rois, à Tel Aviv, là où l’ancien Premier ministre Yitzhak Rabin a été assassiné il y a tout juste 20 ans. Un hommage symbolique pour ce prix nobel de la paix, à l’heure où un enchaînement de violences oppose Israéliens et Palestiniens depuis plusieurs semaines.

 Qui était Yithzak Rabin ?
Né en 1922 dans la ville de Jerusalem encore sous mandat britannique, Yithzak Rabin grandit à Tel-Aviv avant de faire carrière dans l’armée. Après s’être illustré durant le conflit israélo-arabe de 1948-1949, il devient un "héros" pour tout un peuple durant la guerre des Six jours, en 1967. L’année suivante, il endosse ses habits politiques, direction l’ambassade d’Israel aux Etats Unis avant un retour au pays en 1973 pour rejoindre les rangs de la Knesset. Il prend la tête du gouvernement peu après, fauteuil qu’il retrouvera en 1992. Pour trois ans seulement.

 Le "soldat de la paix"
Yithzak Rabin va prendre une dimension internationale en 1993 avec la signature des accords d'Oslo, lesquels vont créer l'Autorité palestinienne et céder pour la première fois un contrôle partiel de certaines zones de la bande de Gaza et de la Cisjordanie aux Palestiniens. Egalement signataire du texte, Yasser Arafat renonce officiellement au recours à la violence et reconnaît Israël dans une lettre officielle. Rabin, lui, reconnaît en retour l'OLP. Le prix Nobel de la paix est décerné l’année suivante aux deux hommes ainsi qu’à Shimon Peres.

 L’assassinat du 4 novembre 1995
Ce jour là vers 21h50 locales à Tel-Aviv, Yigal Amir, un juif religieux d'extrême droite, tue Yitzhak Rabin, alors âgé de 73 ans, de trois balles dans le dos. Cet assassinat est perpétré lors d'une manifestation pacifiste monstre, et va plonger le pays dans la stupeur alors que pointait l'espoir d'une possible issue au conflit israélo-palestinien. Le meurtrier, âgé de 25 ans à l'époque, s’appelle Yigal Amir. Il sera condamné à la prison à vie, et reconnaitra avoir voulu "stopper" le processus de paix avec les Palestiniens enclenché par la signature en 1993 des accords d'Oslo.

 Et maintenant ?
Vingt ans après sa mort, la mémoire de Yithzak Rabin s’invite dans le conflit qui secoue actuellement la région. Des souvenirs mitigés : un sondage publié par le journal pro-gouvernemental Israel Hayom indique que, pour 76% des Israéliens, Rabin était "un dirigeant respectable", qui manque à 55% d'entre eux. Mais un tiers seulement juge les accords d'Oslo justifiés. Pour les Palestiniens aussi, Rabin est une figure ambiguë. Ils n'ont pas oublié qu'alors ministre de la Défense, il  appelait à "briser les os" des émeutiers lors de la première Intifada. La fille de Rabin, l'ancienne députée Dalia Rabin, refuse que son père endosse trop de responsabilités : "Il existait le sentiment qu’une sorte de relation de confiance s’était construite entre Arafat et Rabin. Mais elle était dans l’ensemble très fragile", dit-elle.

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