Corée du sud : qui est Choi Soon-Sil, la "Raspoutine" à l’origine du scandale impliquant la présidente ?

Corée du sud : qui est Choi Soon-Sil, la "Raspoutine" à l’origine du scandale impliquant la présidente ?

PORTRAIT - La présidente sud-coréenne Park Geun-Hye a été destituée début décembre. En cause ? Un scandale de corruption explosif, déclenché par sa confidente Choi Soon-Sil, qui a été entendue ce lundi par la justice.

Le début de la fin pour Park Geun-Hye. Les députés sud-coréens ont voté le 9 décembre la destitution de la présidente, la privant de ses vastes pouvoirs exécutifs. La conséquence d'un gigantesque scandale de corruption, puisqu'elle aurait permis à l'une de ses amies de se mêler des affaires de l'Etat. Son nom ? Choi Soon-Sil. Une confidente de l'ombre, entendue ce lundi pour la première fois par la justice.


Âgée de 60 ans, ce personnage est longtemps resté en coulisse, dans l'ombre de son père, Choi Tae-Min. Ce religieux, fondateur d'un mouvement aux allures de secte baptisé "Eglise de la vie éternelle", s'était initialement lié d'amitié avec Park Geun-Hye, en 1974. A l'époque, la jeune femme est traumatisée par l'assassinat de sa mère. Celui qui allait devenir son mentor affirmait alors que sa mère lui était apparue en rêve. Cela avait suscité l'ire de plusieurs collaborateurs de son père, le président autoritaire Park Chung-Hee arrivé au pouvoir à la faveur d'un coup d'Etat militaire. Park Geun-Hye noue alors malgré tout des liens très forts avec la fille de Choi, liens qui ont perduré après la mort du religieux en 1994. L'ancien époux de Choi Soon-Sil fut lui-même un proche collaborateur de Mme Park, jusqu'à sa victoire à la présidentielle en 2012.

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Des millions d'euros de "dons"

Tout bascule en septembre dernier, quand la presse dévoile l'envers du décor de la relation entre les deux femmes. Choi Soon-Sil est alors accusée d'avoir utilisé son entregent pour contraindre des conglomérats comme Samsung à verser de fortes sommes d'argent à des fondations douteuses, dont elle se servait à des fins personnelles. D'après les médias sud-coréens, ces fondations ont reçu près de 65 millions d'euros de "dons". Samsung est soupçonné en outre d'avoir versé jusqu'à 2,8 millions d'euros à Choi Soon-Sil pour financer la formation équestre de sa fille en Allemagne.


Mais c'est surtout l'influence énorme que Choi Soon-Sil aurait exercé sur les prises de décision de la présidente -d'où son surnom de "Raspoutine" - qui va pousser les Sud-coréens à descendre dans la rue. D'après des archives provenant de l'ordinateur personnel de Choi Soon-Sil, obtenues par la chaîne JTBC TV, celle-ci réécrivait, entre autres, les discours de la présidente et recevait des documents confidentiels. Notamment sur les liens de Séoul avec Tokyo et Pyongyang.


Sentant le vent tourner, l'influente confidente s'était envolée fin septembre pour l'Allemagne. Elle est revenue au pays début novembre où elle a été aussitôt placée en garde à vue. Entendue ce lundi à l'ouverture de son procè, elle a démenti les accusations portées contre elle. "Un élément essentiel aujourd'hui c'était les relations de collusion. Nous avons souligné qu'il n'y a eu aucune collusion entre la prévenue, M. Ahn ou la présidente", a expliqué son avocat Lee Kyung-Jae à la presse après l'audience. Le visage caché par un masque chirurgical et des lunettes à monture noire, Mme Choi avait été conduite dans un bus spécial de sa cellule où elle est détenue depuis plusieurs semaines jusqu'à la Cour. Sur les images diffusées par la télévision, elle est apparue menottes aux poignets, vêtue de l'uniforme bleu gris des détenus, un numéro sur la poitrine.

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