Crash d'avion : quelles zones les compagnies évitent-elles de survoler ?

Crash d'avion : quelles zones les compagnies évitent-elles de survoler ?

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SÉCURITÉ AÉRIENNE – Par mesure de précaution, Air France a suspendu le survol du désert du Sinaï suite au crash d'un avion russe samedi. Metronews fait le point sur les zones aériennes que prennent soin d'éviter les compagnies pour des questions de sécurité.

Le crash du vol MH17, dans l'est de l'Ukraine, dont l’enquête a déterminé qu'il avait été atteint par un missile sol-air BUK de fabrication russe, a jeté une lumière tragique sur les routes aériennes potentiellement dangereuses empruntées par les avions de ligne. Plus d'un an après ce dramatique accident qui a coûté la vie à 298 personnes, l'incertitude demeure sur l'origine accidentelle ou criminelle du crash d'un Airbus de la compagnie russe Metrojet, qui a fait 224 morts samedi en s’écrasant dans le désert du Sinaï (Egypte).

Par mesure de précaution, Air France, ainsi que la compagnie allemande Lufthansa, ont pris la décision de ne plus survoler le Sinaï. Cette zone, où s'est en partie implanté le groupe djihadiste Daech, rejoint ainsi la liste des espaces aériens jugés dangereux par les compagnies. Air France, par exemple, évite soigneusement de survoler le Yémen, la Syrie, l'Irak et la Libye, ainsi qu'une large partie de l'Ukraine, respectant ainsi les consignes de sécurité émises par l'Agence européenne de la sécurité aérienne.

Entre jugements, recommandations et interdictions

D'autres pays, comme Israël, font régulièrement l'objet de mesures de précautions, voire de restrictions d'accès. En raison d'une "situation potentiellement dangereuse" l'année dernière, les autorités aériennes américaines et européennes avaient demandé au cours de l'été 2014 aux compagnies de suspendre la desserte de l'aéroport de Tel-Aviv. Suite au crash du vol d'Air Algérie dans l'est du Mali, le 23 juillet 2014, Air France avait décidé ponctuellement d'éviter le survol du nord du Mali. S'ajoute à cela, les consignes strictes concernant des zones jugées peu sûres telles que l'Afghanistan, le Pakistan, le Soudan et le Sud-Soudan, où les avions de ligne prennent soin de respecter une certaine altitude pour éviter tout risque d'être atteints par des tirs provenant du sol.

En fonction de l’évolution des risques sur les routes empruntées habituellement par les appareils, l'EASA (l'Agence européenne de la sécurité aérienne) ou la FAA américaine (Federal Aviation Administration) émettent régulièrement des recommandations voire des interdictions de survol de certaines zones. En cas de recommandations, les compagnies ont le choix de continuer de voler au-dessus des pays concernés ou de les contourner. Le 9 octobre dernier, l'EASA a par exemple émis un bulletin de sécurité à l’intention des compagnies concernant le tir de missiles depuis la mer Caspienne en direction de la Syrie qui avaient traversé au préalable le nord de l'Iran et de l'Irak.

Dans les faits, au regard de la carte des vols en temps réel émise par le site spécialisé Flightradar24.com , on peut constater que les territoires syriens et irakiens, ainsi que tout l'est de l'Ukraine, sont soigneusement évités par les avions de ligne, mais pas l'Iran.

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