Crash en Colombie : comment un avion peut-il tomber en panne sèche ?

Crash en Colombie : comment un avion peut-il tomber en panne sèche ?

ACCIDENT - La piste d'une panne de carburant se renforce pour l'accident aérien qui a coûté la vie à 71 personnes en Colombie, dont les membres du club brésilien de Chapecoense. Mais un avion peut-il réellement prendre les airs sans le carburant nécessaire ?

"Les causes s’orientent, possiblement, vers un problème de carburant (…) C’est une hypothèse qui se renforce, mais qui doit être analysée par les enquêteurs, comme les informations de la boîte noire ou les enregistrements de la tour de contrôle", a déclaré à des journalistes Alfredo Bocanegra, directeur de l’Aviation civile colombienne. "L'appareil n'avait plus de carburant au moment de l'impact", a aussi assuré le secrétaire de la sécurité aérienne de l'Aviation civile, Freddy Bonilla. 


Cette éventualité semblait corroborée par un message du pilote à la tour de contrôle, diffusé mercredi 30 novembre par plusieurs grands médias colombiens, mais dont l'authenticité  n’a pas été confirmé par les autorités. On peut entendre le pilote de l'avion de la compagnie bolivienne Lamia demander à plusieurs reprises l'autorisation d'atterrir à la tour de contrôle de l'aéroport de Medellin. Il fait également état d'un manque de carburant et d'une "défaillance électrique", ajoutant qu'il perdait le contrôle de l'avion. 

Selon Xavier Tytelman, consultant en sécurité aérienne, l'hypothèse d'une panne de carburant est étayée par les éléments techniques liés à l'appareil et son plan de vol.

Interrogé par l'AFP, Xavier Tytelman explique : "Il existe des sites qui permettent de connaitre la trajectoire de l'avion, comme FlightRadar24. Donc nous connaissons la durée de vol en distance et en temps. On sait d'après les données météo que l'avion avait un vent de face, il volait donc avec des facteurs défavorables. De plus, l'avion génère de l'énergie électrique à partir de ses moteurs 1 et 4. Donc on peut imaginer que les problèmes électriques annoncés par les pilotes proviennent des moteurs s'éteignant un à un, à cours d'essence". Pour lui, les pilotes n'ont pas compris que c'était le signe d'une future panne de carburant.


Et selon Bertrand Vilmer, président de la compagnie des experts de justice aéronautique français, interrogé par LCI, l'équipage a pu être désorienté par des problèmes d'indication de la jauge de carburant.

Pour autant, comment un avion peut-il prendre les airs avec tout juste le carburant nécessaire ? Toujours selon Bertrand Vilmer, "en Europe, la règlementation impose que l'on ait de quoi faire le trajet avec au minimum 1 heure à 1h30 de carburant en plus en fonction des aéroports et des conditions météo". 


Alors que s'est-il passé dans ce cas précis ? Selon des médias brésiliens, l’autonomie de ce British Aerospace 146, mis en service en 1999, serait légèrement inférieure à la distance entre Santa Cruz, en Bolivie, d’où il venait, et Medellin. Il aurait donc dû faire un stop carburant sur son trajet, mais il ne s'est pas posé. Et une fois arrivé à Medellin, il n'était pas seul, d'autres avions étaient en attente pour un atterrissage rapide. 


Nouvelle erreur d'appréciation des pilotes ? Une théorie qui devra être confirmée par l’analyse des deux boîtes noires de l’appareil, retrouvées en "parfait état", selon l’Aviation civile. "Elles devraient tout nous dire", a déclaré le ministre colombien des Transports, Jorge Eduardo Rojas.

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