Dakota du Nord : ils se battent contre un oléoduc pour protéger une terre sacrée, le gouverneur ordonnent leur évacuation

EXPULSION - Le gouverneur du Dakota du Nord, Jack Dalrymple, a ordonné, ce lundi, l'évacuation du camp d'activistes, opposés à la construction de la pipeline situé sur le site du Dakota Access Pipeline, en raison des conditions difficiles de l'hiver qui pourraient "menacer leurs vies".

"Je ne pense pas que ça soit quelque chose de nouveau pour les Autochtones, le fait d’être expulsés de leur terre ancestrale", déplore Jessica Laplante au micro de Radio Canada. Pour cette Saskatchewanaise, du nom de cette province située à l'Ouest du Canada, la lutte doit continuer, malgré l'annonce récente du gouverneur du Dakota du Nord. Le républicain Jack Dalrymple, a ainsi ordonné, lundi 28 novembre, "évacuation d’urgence", du camp afin, selon lui, de protéger les personnes installées du froid. 

Pour les quelques 5000 personnes présentes sur le site depuis le printemps dernier, l'annonce du gouverneur résonne comme un coup de tonnerre. Le campement improvisé réunit des Sioux de la réserve de Standing Rock, dans le Dakota du Nord, rejoints par d'autres tribus amérindiennes, ainsi que des militants environnementaux. Leur objectif ? Dénoncer la construction d’un oléoduc géant de 1800 kilomètres, désormais presque achevée, qui menacerait de traverser des terres sacrées et de polluer la rivière Missouri, dont la tribu sioux de Standing Rock dépend. 

"Notre force est notre unité"

La lutte risque ainsi de se durcir entre partisans et opposants au projet. La semaine dernière, le Corps des ingénieurs de l’armée des États-Unis (USACE) avait annoncé la fermeture du camp de Standing Rock, en expliquant que toute présence publique sur la zone serait considerée comme une "intrusion illégale", dès le 5 décembre prochain. Une décision, "nécessaire pour protéger le public des affrontements violents entre les manifestants et les autorités", indiquerait la lettre adressée à la Nation sioux de Standing Rock, relate Radio Canada. Lors du weekend du 20 novembre,  des confrontations entre activistes et forces de l'ordre auraient plus près de 300 blessés, selon le Monde

"Ce qui est dangereux, c’est de forcer des campeurs bien installés à sortir de leurs abris pour se retrouver dans le froid", a répliqué le président de la Première Nation sioux de Standing Rock, Dave Archambault II, interviewé par Radio Canada. Lors d'une conférence de presse, organisée le 28 novembre, les opposants ont ainsi assuré qu'ils ne comptaient pas se soumettre à l'annonce du gouverneur. "Notre force est dans notre unité. Nous n’avons pas peur et nous n’irons nulle part, qui plus est au milieu d’une tempête de neige", a déclaré Kandi Mosset, activiste responsable des questions d’énergie chez Indigenous Environmental Network, interrogée par Reporterre

s’il y a une réelle inquiétude concernant la sécurité du public, alors le gouvernement devrait cesser de permettre l’utilisation de grenades, de canons à eau à haute pression lors de températures glaciales […] et de toute autre arme pouvant être nuisible aux manifestants.David Archambault II, à Radio Canada

En attendant, les opposants continuent d'appeler à une mobilisation internationale contre l'oléoduc. Objectif ? Faire pression sur Barack Obama afin qu'il signe avant la fin de son mandat, un décret annulant le DAPL (Dakota Access Pipeline). Et le temps est compté pour les activistes. Donald Trump, qui devrait arriver à la Maison Blanche le 20 janvier, a des liens financiers étroits avec le projet d’oléoduc. Comme le relate le Monde, le milliardaire a notamment investi de l'argent dans Energy Transfer Partners, l'entreprise en charge de la pipeline. 

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