Donald Trump et la Russie : tout ce que vous devez savoir sur cette troublante relation

INTIMITÉS – Avec la mise en cause de son ministre de la Justice, Jeff Sessions, accusé d’avoir menti sur ses contacts avec l’ambassadeur de Russie, Donald Trump se retrouve à nouveau taxé d’une trop grande proximité avec Moscou et Vladimir Poutine. Retour sur les nombreux épisodes de cette liaison dangereuse.

La Russie continue de polluer la présidence de Donald Trump. Déjà accusé d’une trop grande proximité avec le Kremlin – à qui certaines voix, dont les renseignements, reprochent d’avoir plombé la campagne d’Hillary Clinton – lors de la course à la Maison Blanche, le chef d’Etat américain se retrouve une fois encore dans la tourmente. 


Et de fait : avec la mise en cause de son ministre de la Justice, Jeff Sessions, accusé d’avoir menti sur ses contacts avec l’ambassadeur russe, Sergueï Kisliak, le milliardaire est sous le feu des critiques pour ses liens supposés avec Moscou et Vladimir Poutine. Une affaire qui est loin d’être la première. 

Tout commence un mois avant le scrutin

Les agences américaines du renseignement ont en effet, dès le mois d’octobre, accusé la Russie d'avoir piraté et diffusé des emails de proches conseillers de la candidate démocrate dans le but de la discréditer. Trois mois plus tard, le 6 janvier, ces mêmes chefs espions publient un rapport qui indique que Vladimir Poutine est derrière les manettes. 


Un mois plus tard, les premières conséquences se font sentir. Au cours d’une tempête médiatique semblable à celle que connaît actuellement Jeff Sessions, le conseiller à la sécurité nationale choisi par Donald Trump, le général Michael Flynn, est ainsi forcé à la démission le 13 février pour avoir eu, lui aussi, plusieurs discussions avec l'ambassadeur russe aux Etats-Unis, et notamment le jour où Barack Obama avait annoncé l'expulsion de 35 diplomates russes en représailles de l'interférence du Kremlin dans l'élection.

Des nominations qui posent (aussi) question

L’ouragan est d’autant plus grand que Donald Trump a choisi, quelques semaines plus tôt, de nommer dans son gouvernement plusieurs personnalités réputées proches de Vladimir Poutine. Exemple le plus flagrant : celui de Rex Tillerson, ancien PDG du géant pétrolier ExxonMobil, que le président russe avait personnellement décoré et qui occupe désormais le poste de secrétaire d'Etat, l'équivalent du ministre des Affaires étrangères. De quoi susciter encore un peu plus la suspicion. 


Mais preuve que le locataire du Bureau ovale n’entend pas se laisser faire, il a accusé jeudi soir les démocrates d'avoir "perdu le sens de la réalité" et de mener "une chasse aux sorcières". Ces derniers réclamaient un peu plus tôt que Jeff Sessions, que certains vont jusqu’à accuser de parjure, démissionne du gouvernement. Pas de quoi ébranler Donald Trump qui, contre l'évidence, a estimé que son ministre "n'a rien dit de faux" devant les sénateurs, même s’il a reconnu qu'il aurait pu répondre "plus précisément" aux questions des parlementaires. Malgré les conseils de son patron, Jeff Sessions a tout de même décidé de se récuser de toute enquête en lien avec la relation entre la Russie et la présidence américaine.

Bientôt une enquête similaire à celle de l’affaire Lewinsky ?

Plusieurs adversaires de Donald Trump ont appelé à lancer une enquête bipartite indépendante qui nécessiterait la nomination d'un procureur pareillement indépendant, la création d'une commission d'experts sans liens avec le gouvernement ni avec une commission au Congrès. Et même certains membres de la majorité républicaines n'hésitent plus à demander, eux aussi, la nomination d'un procureur indépendant ou "spécial".


Un magistrat similaire avait été nommé sous la présidence de Bill Clinton pour enquêter sur l'affaire immobilière Whitewater. Ces investigations avaient fini par donner naissance à l'affaire Monica Lewinsky, stagiaire de la Maison Blanche avec qui Bill Clinton avait eu des relations sexuelles, qu'il avait niées, et conduit à la mise en accusation du président démocrate par la Chambre des représentants en 1998. Si tel était le cas pour Donald Trump, les prochains mois risquent d’être longs. 

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