Egypte : cinq ans après sa chute, que devient Moubarak ?

Egypte : cinq ans après sa chute, que devient Moubarak ?

EGYPTE - Cinq ans après avoir été écarté du pouvoir, l’ancien président séjourne toujours dans un hôpital du Caire, n’en sortant que pour assister à ses procès. Pendant ce temps, son clan a été réhabilité et le nouveau régime se révèle plus autoritaire que ne le fut Hosni Moubarak.

Il y a tout juste cinq ans, des millions d’Egyptiens parvenaient à faire chuter le "Raïs". Après trois décennies d’un règne sans partage sur l’Egypte, Hosni Moubarak quittait en effet le pouvoir après une révolte éclair – 18 jours -, direction l’hôpital militaire du Caire. C’est là qu'il séjourne encore ces jours-ci, observant de loin son clan qui, lui, est quasiment réhabilité dans l’opinion.

L’ancien dirigeant de 87 ans, à la santé fragile, a en effet passé le plus clair de ces cinq dernières années détenu dans une suite d'un hôpital militaire du Caire, comparaissant dans plusieurs procès sur une civière. Une première condamnation à la prison à vie en 2012 pour le meurtre de centaines de manifestants est annulée par la Cour de cassation et un tribunal qui le rejuge un an plus tard conclut à l'abandon des charges. La Cour de cassation annule à nouveau ce jugement et rejuge aujourd'hui l'ex-Raïs, mais multiplie les ajournements d'audience. 

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Entreprise de dédiabolisation

En mai 2015, Hosni Moubarak écope de trois années de prison avec ses deux fils Alaa et Gamal pour le détournement de plus de 10 millions d'euros de fonds publics. En octobre un tribunal ordonne la remise en liberté des fils au motif que la peine est couverte par leur détention préventive. Moubarak est, lui aussi, théoriquement libre, mais maintenu à l'hôpital militaire. Depuis, Alaa, un richissime homme d'affaires, et Gamal, successeur désigné de son père, font profil bas. Cela ne les empêche pas de mener en famille une vie des plus confortables. Quant aux ex-cadres du pouvoir de Moubarak, si plusieurs ont été traduits en justice pour corruption, ils ont systématiquement été blanchis ou condamnés à des peines très légères.

Les médias, eux aussi, jouent un rôle dans cette entreprise de dédiabolisation, contribuant à réhabiliter les caciques de l'ancien régime dans l'opinion publique. Si bien que les législatives de fin 2015 ont été marquées par le retour en force au Parlement des anciens cadres du parti de Moubarak, qui constituent l'un des piliers d'une vaste majorité acquise à la cause du président Mohamed Sissi. Un comble pour ces manifestants qui, il y a cinq ans, étaient descendus dans les rues du Caire. Selon les défenseurs des droits de l'Homme, le pouvoir du chef de l'Etat serait même "plus répressif que celui de Moubarak".

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