Émeutes à Charlotte : 4 infographies pour comprendre la colère contre les violences policières

Émeutes à Charlotte : 4 infographies pour comprendre la colère contre les violences policières

ETATS-UNIS - Les tensions raciales ont été ravivées aux Etats-Unis depuis deux ans par une succession de bavures et violences policières. Des faits divers parmi lesquels les Afro-Américains sont surreprésentés par rapport à leur part dans la population.

Mardi 20 septembre, Keith Lamont Scott était abattu par la police à Charlotte (Caroline du Nord). Difficile de connaître exactement les circonstances du drame : les forces de l’ordre affirment qu’il détenait une arme, ce que ses proches démentent. Seule certitude, la mort de cet homme noir de 40 ans a déclenché une troisième nuit d’émeutes dans la ville, dans un contexte de tensions avec la police.


Il faut dire que les chiffres des violences policières aux Etats-Unis font froid dans le dos. Au total, on dénombre 707 victimes depuis le début de l’année, selon un décompte réalisé par le Washing Post (en l'absence de statistiques officielles). Parmi elles, on retrouve une majorité de Blancs (324), suivis des Noirs (173) puis des Hispaniques (111).

Des chiffres qui ne coïncident pas avec la représentation de ces groupes dans la population américaine. En effet, les Afro-Américains représentent 12,6% de l'ensemble de la société, les Hispaniques 8.7%.

Côté âge, la majorité des individus afro-américains tués depuis le début de l'année avaient entre 18 et 29 ans, suivis de ceux ayant entre 30 et 44 ans.  Si on se penche sur les profils des victimes, on constate qu’une immense majorité des victimes sont des hommes (164). "Seules" 9 femmes ont été tuées.

Dans un pays où le port d'armes est autorisé par la Constitution, la majorité de ces personnes abattues étaient armées : 109 avaient une arme à feu, 16 un couteau. A l’inverse, 15 Afro-Américains abattus étaient non armés.

A titre de comparaison, 990 personnes ont été tuées par la police en 2015. Parmi elles : 494 Blancs, 258 Noirs, 172 Hispaniques. 


Déplorant le fait que son pays avait vécu "trop de fois des tragédies" comme celles-ci, Barack Obama avait appelé la police en juillet dernier à entreprendre des réformes. Il ne s'agit "pas d'incidents isolés". Ils sont "symptomatiques de défis plus larges au sein de notre système judiciaire", avait martelé  le premier président noir des Etats-Unis, citant les "disparités raciales" et le "manque de confiance (...) entre les forces de l'ordre et de trop nombreuses communautés".

VIDEO. Mort d'un automobiliste noir aux Etats-Unis : les manifestations se poursuivent à Charlotte

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