Relations troubles entre Lafarge et Daech en Syrie : l'ONG Sherpa réclame l'audition de Laurent Fabius par la justice

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JUSTICE - L'ONG Sherpa, chargée de la défense des anciens salariés syriens de Lafarge, réclame l'audition de l'ancien ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius. Selon la responsable du contentieux de l'association Marie-Laure Guislain, "les juges doivent rechercher l'éventuelle responsabilité" de l'État.

L'enquête sur les relations entre la cimenterie Lafarge en Syrie et le groupe terroriste État islamique se poursuit. Selon France Info, l'ONG Sherpa, qui s'est constituée partie civile, demande l'audition par la justice de Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères de mai 2012 à février 2016. "La justice française ne doit oublier aucun acteur dans cette affaire", a déclaré la responsable du contentieux de l'ONG, Marie-Laure Guislain. "L'État doit être exemplaire, les juges doivent donc rechercher son éventuelle responsabilité". L'association réclame aussi aux juges d'entendre deux anciens ambassadeurs de France en Syrie. 

Le Quai d'Orsay nous poussait à resterUn ex-responsable du groupe Lafarge

Comme l'indique le site du groupe France Télévisions, plusieurs cadres du cimentier LCS, entendus par les enquêteurs, auraient affirmé que le quai d'Orsay était parfaitement informé des activités de l'entreprise en Syrie. "Tous les six mois, on allait voir le Quai d'Orsay qui nous poussait à rester. (...) Le Quai d'Orsay dit qu'il faut tenir, que ça va se régler", a ainsi expliqué le directeur général-adjoint de Lafarge de l'époque. Une version contestée par une source diplomatique. Le ministère des Affaires étrangères aurait "alerté le groupe Lafarge sur les risques encourus à rester en Syrie".

Le Monde rappelait le 20 septembre dernier qu'un ex-responsable de la cimenterie avait admis le versement de 20.000 euros mensuels à Daech. "On gérait les risques par cette économie de racket", détaillait alors l'un des reponsables du groupe. En contrepartie, l'organisation d'Abou Bakr al-Baghdadi éditait en mai 2014 un laissez-passer : "Prière d'autoriser le ciment venant de Lafarge à passer les barrages", d'après une source proche de l'enquête. Les enquêteurs soupçonnent aussi LCS de s'être, sous couvert de faux contrats de consultants, approvisionné en pétrole auprès du groupe terroriste EI.

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