Etats-Unis : après l’attaque sur un campus de l'Ohio, la communauté somalienne pointée du doigt

Etats-Unis : après l’attaque sur un campus de l'Ohio, la communauté somalienne pointée du doigt

DÉCRYPTAGE - L'attaque menée lundi aux Etats-Unis contre l'université de l'Ohio a été perpétrée par un étudiant d'origine somalienne. Une communauté qui revient régulièrement dans l'actualité ces derniers mois, certains de ses membres étant impliqués dans des causes djihadistes.

La communauté somalienne victime collatérale de l'attaque dans l'Ohio ? Deux jours après l'assaut qui a blessé onze personnes dans une université, tous les regards se tournent vers cette population, minoritaire aux Etats-Unis, qui a vu plusieurs de ses jeunes embrasser le djihad ces dernières années.

L'attaque dans l'Ohio, durant laquelle Abdul Razak Ali Artan, un étudiant immigré, a percuté des piétons avant d'agresser des passants avec un couteau, est intervenue deux mois après des faits similaires. Un autre jeune Somalien avait en effet blessé au couteau dix personnes dans un centre commercial du Minnesota (nord) mi-septembre, avant d'être abattu par la police. L'attaque avait été, comme celle de l'Ohio, revendiquée par le groupe Etat islamique. 

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Plus de 100.000 Somaliens aux Etats-Unis

Cette attaque suit aussi de deux semaines la condamnation à de longues peines de prison de neuf jeunes Somaliens arrêtés en 2014 à Minneapolis, qui prévoyaient de se rendre en Syrie se joindre au groupe EI. Plusieurs autres auraient d'ailleurs réussi le voyage, suivant les traces de vingt de leurs prédécesseurs qui avaient réussi à rentrer en Somalie entre 2007 et 2009 pour rejoindre les rangs des islamistes shebab. Et en 2013, quatre Somaliens ont été condamnés à San Diego pour avoir levé des fonds pour cette dernière organisation, classée comme "terroriste" par les autorités américaines.


Malgré ces apparitions à répétition dans le calendrier terroriste américain, le nombre d'incidents liés à des personnes d'origine somalienne reste en réalité assez modeste. D'une part comparé à l'importance de cette communauté : elle compte plus de 100.000 personnes, immigrants et leurs enfants nés en Amérique. La plupart sont arrivés ces vingt dernières années, fuyant la guerre dans leur pays. D'autre part car les personnes impliquées étaient "auto-radicalisées", plutôt qu'envoyées par le groupe EI ou d'autres organisations djihadistes.

Une communauté critiquée par Donald Trump

Les derniers événements inquiètent la communauté somalienne, qui craint des représailles. "Nous savons qu'il était d'origine somalienne et ce sera suffisant pour que certaines personnes fassent le lien de manière erronée entre ces événements, sa foi pour l'islam, et avec les communautés somalienne et musulmane", a regretté Roula Allouch, du Conseil des relations américano-islamiques.


 Un Conseil qui redoute également de faire les frais de l'élection de Donald Trump : durant sa campagne, le futur locataire de la Maison-Blanche a dénoncé les immigrants somaliens à au moins deux reprises. Dans le Maine en août, il avait ainsi estimé que la criminalité locale était due aux arrivants somaliens dans cet Etat du nord-est. Et il n'avait pas hésité, deux jours seulement avant l'élection, à faire le lien entre la population de Minneapolis et le groupe EI : "Ici dans le Minnesota, vous êtes aux premières loges pour voir les problèmes causés par de mauvais contrôles des réfugiés, avec un grand nombre de Somaliens entrant dans votre Etat sans que vous soyez au courant, sans votre soutien ni votre accord, avec eux certains se joignant à l'EI et diffusant leur vision extrémiste partout dans notre pays et dans le monde".

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