Fermer la Norvège aux Roms, aux Bulgares... et aux Français ?

Fermer la Norvège aux Roms, aux Bulgares... et aux Français ?

INTERNATIONAL – Alors que le débat sur la mendicité et la criminalité fait rage en Norvège, le numéro deux du parti de l'opposition appelle à fermer les frontières du pays aux Français. Ils feraient en effet partie, selon lui, avec les Roms et les Bulgares, des criminels notoires qui sévissent dans le pays.

A chaque pays ses bouc-émissaires. Roms, Bulgares... On avait déjà entendu en France des politiques demander à restreindre leur venue sur le territoire, voir à carrément les renvoyer chez eux. Le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls lui-même, n'avait-il pas assuré que "les Roms ont vocation à rester en Roumanie ?" Voilà que l'on apprend qu'en Norvège, les Roms et les Bulgares ne sont pas les bienvenus, au même titre que… les Français.

Un député de la droite populiste norvégienne a ainsi appelé à fermer les frontières du royaume aux groupes organisés de Roms, de Bulgares et de Français, qu'il juge notoirement criminels. Cet homme n'est pas n'importe qui. Il s'agit de Per Sandberg, le numéro deux du parti du Progrès (FrP), la première force d'opposition au Parlement. Un poids lourd de la classe politique norvégienne donc, connu pour ses positions anti-immigration. Quasi-leader aussi d'un parti que l'on dit en bonne place pour les prochaines législatives en septembre, et qui pourrait ainsi accéder au pouvoir.

"Ces personnes troublent l'ordre public"

Ce dernier a proposé, dans un texte mis en ligne jeudi, "trois mesures immédiates pour arrêter le flot de mendicité et de criminalité" dans le royaume. "La police peut (sur la base d'une disposition législative existante) stopper aux frontières les groupes organisés de Roms, de Bulgares ou de Français, car on sait d'expérience que ces personnes troublent l'ordre public", a-t-il assuré. Et d'ajouter qu'"il est aussi prouvé qu'un bon nombre se livre à des activités criminelles" (pour ceux qui parlent norvégien c'est ici ).

Selon des médias norvégiens, le texte de Per Sandberg ne visait initialement que les Roms mais, afin de ne pas paraître trop stigmatisant à l'encontre de ces derniers, Français et Bulgares ont ensuite été ajoutés à la liste de ces "indésirables". Une telle proposition peut surprendre, voire choquer, mais elle est symptomatique d'un véritable problème de société que constitue la mendicité pour les autorités norvégiennes. Un débat sur l'opportunité d'interdire la mendicité fait actuellement rage dans le royaume. A Trondheim , par exemple, la troisième ville du pays, les mendiants sont déjà obligés de  se déclarer systématiquement à la police . La mairie réfléchit désormais à interdire leur présence.  

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