Forum de Davos : des contestataires, pancarte au poing ou seins nus

Forum de Davos : des contestataires, pancarte au poing ou seins nus

Il y avait bien moins de manifestants à Davos que de participants à la grand-messe économique, mais les anticapitalistes se sont fait entendre.

A Davos, la très chic station des Alpes suisses où se déroule le Forum économique mondial, symbole pour certains de l'emprise de la finance sur le cours de l'histoire, comme chaque année, une poignée d'opposants, au regard du nombre de policiers, ont tenté de faire entendre leur voix, avec des moyens d'expression variés, des classiques pancartes anticapitalistes, aux seins nus fièrement arborés par trois jeunes femmes.

Des seins dressés contre "les gangsters" de Davos...

En forme de défi aux grands dirigeants et argentiers de la planète, au mépris du froid, trois militantes du mouvement ukrainien Femen, se sont en effet illustrées dans la matinée en exposant leurs torses découverts, barrés comme on peut le voir sur la photo ci-dessus des mentions "la fête des gangsters à Davos", "la crise fabriquée à Davos" et "Pauvres à cause de vous".

Les trois militantes étaient bien sûr arrivées habillées jusqu'au point de contrôle devant l'entrée du Centre de congrès qui accueille le Forum, où elles ont tombé le haut, puis ont été interpelées alors qu'elles essayaient d'escalader les grillages.

Un masque aux dents acérées…

Moins sexy, encore que, tout est question de goût, on a aussi pu croiser le 28 janvier à Davos quelque deux cents manifestants plus traditionnels, parmi lesquels d'autres figures hautes en couleur comme cet homme arborant un masque cadavérique aux dents pointues. Une valise à la main aux couleurs d'une grande banque suisse, couvert de dollars, il jetait, avec une parcimonie pleine de sens, de la menue monnaie autour de lui.

Pas franchement d'humeur carnavalesque, sur le fond, ces manifestants, syndicalistes, écologistes, altermondialistes, voire activistes radicaux portant le masque, étaient là pour prôner la "résistance à ceux qui veulent dominer le monde".

Un avertissement à ces fous d'économistes…

A la devise officielle du Forum économique mondial (WEF), "The great transformation", "le grand changement", certains répondaient ironiques "personne avec quatre as dans son jeu ne veut un changement", des militants du mouvement Occupy WEF rétorquaient "Ne les laissez pas décider pour vous", et d'autres encore, plus extrêmes, comme le Front révolutionnaire zurichois, appelaient à brûler le WEF.

Pour résumer leurs messages, on retiendra un tract citant l'économiste Kenneth Boulding : "celui qui croit que la croissance exponentielle peut continuer pour toujours est soit un fou, soit un économiste", et le propos de la présidente du Syndicat des services publics suisses, Katharina Prelicz-Huber : "Nous voulons un monde pour tous, un monde qui ne connaît pas la faim, où tout le monde bénéficie de la protection sociale".

Pas de libre-circulation pour les opposants au libre-échange…

Via les médias, ces revendications trouvent un certain écho, mais sur place, les participants du WEF n'ont probablement pas entendu grand-chose, à l'exception peut-être du ministre australien du Commerce Craig Emerson, arrivé en retard du fait de l'épreuve de force dans l'artère principale de Davos entre manifestants et forces de l'ordre.  Ce ministre a simplement commenté "Occupy WEF n'est pas encore totalement convaincu des bienfaits du libre-échange".

Sur le terrain, le maire de Davos Hans-Pieter Michel n'a pas hésité à aller au-devant des contestataires masqués qui faisaient mine de s'approcher des barrages policiers. Faisaient mine seulement… quant à passer les multiples barrières, grillages, sans parler des 5.000 représentants des forces de l'ordre et militaires mobilisés pour l'occasion, les manifestants n'étaient pas rendus.

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