Fraude fiscale et corruption : la soeur du roi d'Espagne Cristina relaxée, son mari condamné à 6 ans de prison

Fraude fiscale et corruption : la soeur du roi d'Espagne Cristina relaxée, son mari condamné à 6 ans de prison

JUSTICE - La justice a relaxé la soeur du roi d'Espagne Cristina de Bourbon et condamné son mari à six ans de prison, dans une des plus retentissantes affaires de corruption de ces dernières années, qui avait ébranlé la monarchie.

L’affaire avait ébranlé la monarchie, prise dans l’une des plus retentissantes affaire de corruption de ces dernières années. Le verdict vient de tomber ce vendredi : la princesse Cristina de Bourbon, sœur du roi d’Espagne Felipe VI, est relaxée, mais son mari est condamné à six ans de prison, et une amande de 512.000 euros.

Pas de prison mais une amende

Ce jugement peut encore être contesté en appel. Mais le parquet pourrait éventuellement demander l'incarcération immédiate du mari, Inaki Urdangarin, âgé de 49 ans. Il était accusé d'avoir détourné entre 2004 et 2006, avec un associé, plusieurs millions d'euros de subventions attribuées à une fondation à but non lucratif, appelée Noos, qu'il présidait. Les deux dirigeants de la fondation se voyaient reprocher d'avoir "gonflé" le montant des contrats signés avec les gouvernements régionaux des Baléares et de Valence, alors dirigés par le Parti populaire (PP, droite). 


De son côté, Cristina était poursuivie depuis 2016 pour complicité de fraude fiscale en lien avec les malversations de son mari quand il présidait l'institut Noos. Si elle a été relaxée, elle doit cependant payer une amende de 265.000 euros du fait de sa "responsabilité civile solidaire" en tant qu'épouse de Inaki Urdangarin, une somme déjà restituée pendant la procédure.  

Selon la presse, Cristina et Inaki ont pris connaissance du jugement à Genève, où ils vivent depuis 2013 avec leurs quatre enfants.

Cristina a soutenu son époux jusqu'au bout

A Barcelone, l'avocat de la princesse, Miquel Roca, a déclaré à la presse que l'infante avait reçu la décision "avec satisfaction mais aussi (...) la contrariété de partager une condamnation avec son mari qu'elle considère injuste, parce qu'elle a toujours cru, elle croit et elle continuera à croire à l'innocence de son mari". Cristina a toujours dit qu'elle ne savait rien des dossiers évoqués au procès et faisait pleinement confiance à son époux - ex-handballeur professionnel et double médaillé olympique - soutenu indéfectiblement depuis leur mariage en 1997. 


Le procès des 17 prévenus s'était prolongé plus de cinq mois, sous l'oeil des médias qui diffusaient en direct sur internet certaines audiences. L'affaire avait été révélée fin 2011 et avait d'autant plus choqué l'opinion que l'Espagne vivait sa pire crise économique depuis des décennies. Le scandale avait précipité l'abdication en 2014 de Juan Carlos 1er et l'arrivée sur le trône de son fils Felipe VI, décidé à redorer l'image de la monarchie. Depuis, le souverain a même banni sa soeur de tous les actes officiels de la royauté et lui a retiré son titre de duchesse de Palma. 

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